30.07.2006
Le rêve d'une fille ridicule
(Vague pastiche introductif des premières lignes d'une nouvelle de ce cher Russe... passons.)
J'ai longtemps rêvé de connaître des personnes aptes à m'apprécier pour de vrai, pour de bon. Des personnes avec lesquelles j'aurai la sensation d'être "quelqu'un de bien, qui mérite leur affection sans retenue ni détour". Ce rêve est, par bien des aspects, assez ridicule. Loin de verser dans le mysticisme obscur et étrange de Fédor, mon idéal à moi tourne autour de mon nombril.
Un sentiment confus s'empare souvent de moi en ce moment. Un mélange de reconnaissance envers eux, et une certaine forme de pudeur qui m'empêche de leur dire "ahhhhh mais que che fous aimeuuuh que fous êtes merfeilleuuuux". Aussi j'écris une note, forme anonyme, impassible, inutile, dérisoire, mais légère et douce d'une pensée en devenir, qui ne les atteindra pas peut-être, ou bien si - en fait, peu importe.
Je suis d'un tempérament instinctivement craintif ; probablement une expérience de l'enfance, comme en parle Proust dans ses récits, conditionne-t-elle presque entièrement mon rapport avec autrui. Toujours est-il que j'ai si peur du "décalage" (trop aimer et être déçue de l'absence d'un retour) que je préfère ne pas... verser dans ce genre d'excès dans lesquels je pourrai me vautrer avec assez peu d'élégance. Je manque de générosité... ou plutôt je pense qu'affirmer, dans certains cas, trop haut ses sentiments, avec des mots inexacts, bien pauvres en comparaison avec la nature réelle de ce qui doit être exprimé, fait perdre toute la saveur, la richesse et la beauté de ces sentiments puissants, malléables, confus, mais compris grâce aux faits et aux regards - du moins je l'espère.
Etre entourée de gens vraiment "exceptionnels", comme je me plais à les appeler, est une expérience à la fois douloureuse et exaltante. Douloureuse parce qu'elle nous met face à nous-même, avec une justesse que l'on peut avoir du mal à accepter. Parce que ces personnes vous regardent avec des yeux neufs, dénués de toute malveillance, et pourtant plein d'une humanité et d'une sincérité sans pareilles, vous ne pouvez plus vous voiler la face : l'image qu'ils renvoient de vous vous paraît subitement réelle, tangible, et vous surprend par sa clarté et par ce qu'elle peut révéler de vous - que vous auriez peut-être préféré contenir encore quelques temps dans les tréfonds de votre inconscient, ou que vous ne voulez pas croire, parce qu'un lancinement incertain brouille encore vos pensées les plus profondes. L'expérience est aussi exaltante, bien sûr, parce que soudain, probablement par narcissisme et par bonté, on se sent mieux, on se sent moins ridicule. Moins perdu. Et débordant d'un amour, d'un respect, d'une tendresse qui doivent se modérer dans l'immédiat pour pouvoir continuer à exister longtemps.
Le temps. Donnée effrayante parce qu'elle écourte parfois les rapports. Combien de temps encore pourrai-je apprécier la suavité de tous ces rapports ? La réponse est tantôt effrayante, tantôt rassurante. Toujours est-il qu'en ces temps difficiles - pour un certain nombre de raisons, dont certaines évoquées plus tôt dans ce blog - je ne dois ma survie qu'à une poignée de personnes précieuses, qui si elles venaient à disparaître me verraient totalement anéantie - dépourvue de toute raison d'aimer, donc de vivre. J'essaie de me convaincre en me disant que cette catastrophe n'arrivera pas avant longtemps, qu'il n'y a pas encore de raisons pour qu'ils cessent de me considérer comme un être digne de leur amitié, de leur affection, mais j'ai toujours ce vague doute qu'un jour j'apprenne qu'en vérité je grossis, j'amplifie par ce besoin impérieux d'être aimée ce que j'ai l'impression de déceler dans certains moments, dans certaines paroles, dans certains gestes et dans certaines situations... ou qu'ils apprennent subitement que je ne suis pas quelqu'un de si "aimable" que cela.
Et ma famille. Les circonstances actuelles (ne me concernant pas directement) me font penser à cet inéluctable impitoyable qui met fin à toutes choses. J'aurai voulu être née plus tôt... Avoir des enfants à un âge tardif peut avoir des avantages, mais écourte potentiellement le temps que l'on peut passer avec ses enfants. Ma mère m'a mise au monde tardivement. Evidemment, je ne lui reproche rien, mais je sais que j'aurai certainement à affronter sa mort beaucoup plus tôt que je ne le voudrai réellement. Elle est à la fois forte et fragile... et si les choses ne se résolvent pas de manière lumineuse et belle pour elle, lui donnant une véritable raison de se battre contre la fin de ses jours... Je sais pertinemment quelles sont ses pensées concernant cette "délivrance" qu'elle attend quelque part, mais que je ne veux pas voir venir. J'ai toujours eu la sensation de connaître certaines émotions trop violentes trop tôt, et de manière impuissante... Et puis il y a toujours le problème de Lui... sur lequel je ne peux vraiment mettre de mots pour l'instant parce que je n'ose envisager, pour de bon, les problèmes qui se profileront forcément...
Je ne sais pas pourquoi je me mets brusquement à me livrer sur ce blog. Je suis certainement en plein délire proustien... J'ai sûrement envie de donner forme à ces sentiments confus qui m'agitent en ce moment pour y voir plus clair et pour aussi... livrer ce genre de détails qu'on ne peut énoncer au cours d'une conversation anodine, à des gens qui souhaiteraient me connaître pour de bon, parce que je suis bel et bien incapable de parler de moi de manière intelligible face à quelqu'un, spontanément. Probablement est-ce le cas pour tout le monde, à part pour les natures les plus spontanées et les plus passionnées qui ont appris à ne pas réfreiner leur intériorité, et ce à leurs risques et périls. Bref, parce que j'ai trop de mal à faire comprendre aux autres ce que je pense vraiment - j'aimerai tant qu'il en soit autrement, en vérité - je me déleste ici de toutes ces fragrances d'âme à la fois insignifiantes et significatives, sans d'autre espoir que celui d'être comprise.
20:30 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
11.07.2006
J'enchaîne, j'en chie
En mai, j'ai été cambriolée. Les circonstances sont trop grosses pour que l'on puisse douter d'une "taupe" rôdant dans le secteur, nous ayant épié et guetté pour faire le coup. Bon, crises de parano en perspective, mais je parvenais doucement à m'en remettre. Juin : fiasco annoncé pour mon projet vidéo. Et j'ai su aujourd'hui que ce connard de professeur, qui aurait pu me mettre 0 / 20 plutôt que cette connerie de "défaillant" (ainsi, avec toutes mes notes au-dessus de 13, allant jusqu'à 16, j'aurai largement pu avoir mon année même avec cette jolie bulle sur mon bulletin) et m'aurait ainsi épargné un stress supplémentaire : celui de devoir tourner un court-métrage cet été et le rendre en septembre. Oh, ce ne serait rien s'il n'y avait que cela.
Il y a aussi Leurs problèmes conjugaux. Eux qui se font du mal et qui me font mal depuis des années n'auront de cesse de s'enfoncer dans un cauchemar sans retour. Elle est incapable de Le chasser, même après qu'Il l'ait frappée. J'avais cru... j'avais cru très stupidement avoir rêvé cette scène où je L'empêchais de commettre un acte horrible et insupportable. Malheureusement, cette scène fut bien réelle. J'avais cru... j'avais cru naïvement que cela ne se reproduirait plus, que j'avais endigué le processus, que cette mise en garde aurait eu une répercution sur Sa conscience et qu'Il n'essaierait plus. Malheureusement, je me suis trompée. Les êtres humains sont si faibles... Je sais très bien qu'il n'y a plus de risques immédiats, que ma soeur veille au grain et qu'elle est capable de veiller ce genre de grain-là. Mais pour combien de temps ? Il y aura toujours un moment où Ils seront seuls à seuls. L'irréparable se produit trop souvent sans témoins. Qui la sauvera s'Il dérape ? Personne ne peut être en permanence Son garde du corps. Il y aura toujours un instant propice... Je sais pertinemment qu'il ne se produira pas avant longtemps, du moins je l'espère. Mais quand ? Quand recommencera-t-Il ? Il n'y a pas de raisons que cela cesse. S'Il a pu recommencer un an après la première fois, je ne vois pas ce qui pourrait L'arrêter désormais. Il a Sa "famille" (la famille de Lui : son frère, sa soeur, tous des imbéciles ignobles dépourvus de conscience morale) qui le soutient et qui La détruit peu à peu, par son absolue connerie et son acharnement sur Elle. La "famille" a même servi de bouclier pour L'empêcher, Elle, de faire appel aux forces de l'ordre, ce soir-là, faisant une belle pression psychologique, sûrement prêts à témoigner contre Elle... car Elle était seule contre eux. Qui donc pourra mettre fin à cette situation insupportable ? Je compte sur ma soeur, mais elle ne peut pas non plus faire des miracles si...
Il y également cet immeuble infernal qui m'a fait vivre il y a quelques minutes deux des pires heures de ma vie. A peine rentrés dans la capitale qu'ils nous attendaient au tournant (moi et Joe). Ils ? Le propriétaire et sa cohorte de complices peuplant l'immeuble. Depuis le cambriolage, nous avons oeuvré pour que les choses tournent à l'avantage de tout le monde, y compris du nôtre, concernant le préavis de départ et les affaires financières. Il semblerait que cela ne soit pas de leur goût et qu'ils veuillent nous entuber jusqu'au bout. Résultat, ils ont tambouriné à notre porte comme des fous pendant deux heures, et on a refusé de leur ouvrir parce qu'on ne voulait pas discuter. Ils n'avaient pas prévenu de leur arrivée, ils ne nous ont pas du tout contacté par téléphone pour nous avertir de quoi que ce soit. On ne peut absolument pas discuter avec ces gens-là. On ne tambourine pas chez les gens à 8h du soir après avoir fait les morts pendant des mois et des mois pendant qu'on galérait avec notre appart miteux et ce fichu cambriolage. On n'était tenus en rien de leur ouvrir, et ils ont insisté, essayé d'entrer, d'intimider... Tout cela pour réclamer un dû qu'ils ne méritent pas et qui, dans n'importe cas normal avec des gens normaux, ne serait jamais réclamé. Intolérables, ces deux heures de harcèlement, de tension... à noter que l'évènement conjugal violent m'a été communiqué hier, ce qui n'aide pas à avoir pleine faculté de sa lucidité dans pareil moment. Absurde et inutile et débile, ce harcèlement, sachant que l'on part dans deux semaines et qu'ils pourront jouir de ce studio délabré comme ils voudront passé ce délai. Comment s'arranger autrement ? Avoir recours à la justice, pour ce genre de conneries, c'est perdre du temps, de l'argent, s'essouffler en vain... Ils ont un tel sens de l'astuce pour détourner les responsabilités légales que cela ne sert à rien... ils sont presque cautionnés, en un sens, parce que nous sommes jeunes, sans soutien, et qu'ils sont expérimentés dans leur domaine. Il est bourré de fric, cet imbécile de chirurgien esthétique de propriétaire, je ne comprends pas ce qui se passe dans la tête de cet abruti... Et ces gens de l'immeuble qui nous guettent en permanence, pour signaler à tel trou du cul ce qu'on fait, si on est là, si y'a des trucs à piquer... Ah, pitié...
J'ai mal au crâne. Il va falloir affronter ces connards sous peu, je le sais bien, pour avoir la paix, et cela me fait profondément chier. Ils vont revenir, ils prétextent déjà vouloir faire visiter alors que cet appart n'a jamais été mis aux normes (je dis "Ils", parce que le propriétaire n'est même pas fichu de gérer lui-même, il envoie toujours je ne sais quel pote foireux ou amie louche pour nous soudoyer) alors qu'on se casse incessamment sous peu. Heureusement grâce au cambriolage on est les seuls à avoir les clés, le propriétaire l'a dans l'os, pour parler gentiment.
Crétinerie humaine... Je repense à cette citation de Flaubert qui traduit ma pensée : "J'ai toujours tâché de vivre dans une tour d'ivoire; mais une marée de merde en bat les murs, à la faire crouler..."
J'ai mal au ventre. Il fallait que je me délivre quelque part. Maintenant je suis partagée entre l'envie de saccager tout ce qui passe à ma portée, de fondre en larmes, de vomir quelque part, de hurler sur la première victime désignée (mon proprio, un de ses fifres), et de m'enfuir loin, loin de toutes ces charmantes contrariétés...
23:05 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
12.06.2006
Le quizz du cinéphile
(Les réponses ont été déterminées par mon goût personnel... Ce n'est donc pas un portrait chinois !)
Un film : Heaven's Gate (Cimino)
Une histoire d'amour : The Sunrise (Murnau)
Un sourire : Les petits vieux dans la voiture (Mulholland Drive - Lynch)
Un regard : Harriet Andersson (dans Monika de Bergman : le fameux regard-caméra)
Un acteur : Marlon Brando
Une actrice : Liv Ullman
Un clown triste : Charlie Chaplin
Un début : Mean Streets (Scorsese)
Une fin : The Godfather III (Coppola)
Un coup de théâtre : Les Diaboliques (Clouzot) - scène finale
Un générique : Lost Highway (Lynch)
Une scène clé : Fredo Corleone part à la pêche... (The Godfather II - Coppola)
Un plaisir coupable : Interview With A Vampire (Jordan)
Une révélation : Death In Venice (Visconti)
Un gag : Les Poupées Russes (Klapisch)
Un fou rire : Wallace & Gromit : the Curse of the Were-Rabbit (Nick Park)
Un film malade : Marnie (Hitchcock)
Un rêve : une adaptation des Trois Mousquetaires à la hauteur du livre
Une mort : Chichi ariki (Il était un père) (Ozu)
Une rencontre d'acteur : Al Pacino / Marlon Brando dans The Godfather I (Coppola)
Une scène de cul : Shichinin no samurai (Les 7 samouraïs) (Kurosawa) - scène dans la cabane...
Une réplique : "What's a mook ?" (Mean Streets - Scorsese)
Un silence : City Lights (Chaplin) - la scène finale
Un plan séquence : Elephant (Van Sant)
Un choc : Mulholland Drive (Lynch)
Un artiste que j'aime détester : David Fincher (huhu)
Un artiste sous estimé : Yasujiro Ozu
Un artiste surestimé : Jean-Luc Godard (Mouahaha)
Un traumatisme : Lost Highway (Lynch)
Un gâchis : Quentin Tarantino
Un souvenir de cinéma qui hante : Johnny Got His Gun (Trumbo)
Un film français : L'Atalante (Jean Vigo)
Deux réalisateurs : Scorsese et Kubrick
Une découverte récente : La stanza del figlio (Moretti)
Un fantasme : Marlon Brando (huhu)
Un baiser : The Age Of Innocence (Scorsese) - premier baiser entre Newland et la Comtesse...
Une bande son : Eyes Wide Shut (Kubrick)
Une chanson pour le cinéma : "Be my baby" Ronettes (Mean Streets - Scorsese)
Un somnifère : Forrest Gump (Zemeckis)
Un frisson : Psycho (Hitchcock)
Un monstre : Nosferatu (celui de Murnau)
Un torrent de larmes : Tokyo monogatari (Voyage à Tokyo) (Ozu)
19:00 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
28.05.2006
Cafarde
Je ne sais pas si cela arrive souvent aux autres, mais à moi cela m'arrive très souvent : un mot traîne dans ma tête sans aucune raison apparente. Ainsi, cela fait un bout de temps que le mot "Schnaps" me revient comme ça, l'air de rien, quand je ne pense pas à grand chose. J'aime sa sonorité, courte, un peu mousseuse. Jamais bu de cette chose-là, il faudrait peut-être que je goûte.Souvent donc des mots qui traînent dans ma tête. Parfois des bouts de phrase. Du coup je les case dès que je peux à la première occasion. Les dérèglements de mon cerveau m'échappent parfois. Il faut dire que Schnaps me fait aussi penser à Schnapi le crocodile, à la chanson, tout ça... les associations libres hein, j'irai pas jusqu'au bout, je ferai ça avec mon psy.
En fait, je ne vois pas de psy. Je me demande souvent si je ne devrai pas. Tantôt je me dis : oui, l'expérience pourrait être intéressante. Apaisante. Il y a parfois des trucs que je ne peux dire à personne. Même pas à ceux qui me sont proches. Surtout pas à ceux qui me sont proches. Des pensées fugaces, violentes, parfois impossibles à exprimer même. Souvent je tape donc, ça donne des baragouinages bizarres qui dorment dans des docs words. Ou des ramassis de lyrisme gluant assez indigestes. Vaut mieux que je garde ça pour moi, donc.
Je suis terrifiée, je crois, par le système de la cure psychanalytique. C'est vrai : le psy ne dit rien. Du moins, il est censé ne rien dire. C'est terrible ça. En même temps, s'il l'ouvrait, est-ce qu'il ne finirait pas par dire des conneries ? Ne connaissant rien de moi d'abord, se permettant de répondre à mes questions avec assurance ? Ou s'il n'avait pas d'assurance en me répondant, et me disais "je ne sais pas..." Comment, un psy qui ne sait pas ? Mince !
Je suis trop tarée pour aller voir un psy, je crois, ahahah. Parce que dans tous les cas, je me dis que ça ne va pas. En me libérant, j'espèrerai un retour ; en même temps, il faudrait que je sois sûre de la validité de cette personne que je paie, de ses qualités humaines, s'il n'est pas dérangé de son côté, profondément antipathique en dehors de sa profession, pour que ses retours me soulagent. Il faudrait donc que je puisse le considérer comme un ami, presque. Et son psy ce n'est pas son ami. Ce ne serait plus supportable. Il n'y a plus de possibilité de transfert sur le praticien, si on le considère en tant que personne et non pas en tant que praticien, psy, soignant. Or, je ne pourrai me libérer si je ne considère pas mon psy comme une personne à part entière, et je chercherai forcément à connaître qui il est, pour être sûre que je peux me livrer à lui sans problème. En toute confiance. Enfin, je me dis ça... je ne sais pas. J'ai eu un prof de psychanalyse qui était psy lui-même, et c'était un gros con. Il nous a raconté des cas qu'il a eu, j'ai pas trouvé ça terrible terrible, déontologiquement, enfin je sais pas... Il a plus ou moins essayé de s'attirer des clients à travers son cours... et il notait comme un pied, récompensant les pires quiches de ma classe avec des notes extraordinaires.
Ca me perturbe beaucoup, aussi, cette affaire de secret professionnel. Je me sentirai très mal, si je savais que mon psy racontait à toute une classe mon cas d'étude, même s'il ne me nomme pas, même si c'est pour avoir un cas d'étude. Je veux bien qu'on réfléchisse sur les cas étudiés par Freud : ils sont morts depuis longtemps. Là, le prof parlait d'un étudiant qui était venu le voir il n'y avait pas très longtemps et nous a livré des détails sur lui... ça m'a gênée, profondément. C'est terrible, après, on dérive, on pense : est-ce qu'un psy raconte la dernière anecdote croustillante à table, avec sa famille ? Est-ce qu'il discute avec ses copains psys des cas qu'ils ont eus et les comparent ? Bah, je délire. Peu importe, ces gens ne me connaitraient pas ; je dois être trop pudique.
Je me proclame cafarde. Pourquoi ? Référence à Oggy et les cafards. Je me sens bien cafard dans l'âme. Oggy aussi, remarquez. Ce gros chat avec son Ca qui copine avec les cafards sadiques, c'est tout moi ça. Beau masochisme. Je recommande cet épisode à tout le monde, où on voit Oggy et le petit diable rouge de lui-même matérialisant le côté obscur de sa force. Mais bon, cafard quand même : ça bouffe, ça enquiquine dès que ça peut, c'est un brin opportuniste (surtout Joey), c'est un peu taré... Ca me ressemble, ça, non ? La sonorité de ce mot, "cafard", me plaît beaucoup.01:25 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22.05.2006
"Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui." [Jonathan Swift]
Dans un cambriolage, ce n'est pas tant l'acte en lui-même - c'est-à-dire le vol des biens - qui perturbe toute une sphère jusque là bien confortable. Ce sont toutes ces petites conséquences perfides qui se répercutent sur le quotidien et enfoncent la moindre petite contrariété existente dans une bouse innommable.
Bref. Ouais, en ce moment, c'est pas top top la fête au village. Entre l'impression d'être traquée par ses voisins - parce qu'il semblerait que le mal vienne d'eux, trop de circonstances vicieuses le confirment - l'incompréhension de mes profs à l'égard du gros caca dans lequel ils me noient (c'est à se demander s'ils ne préfèreraient pas que je passe le rattrapage, alors que j'ai été jusque là somme toute studieuse, pour une étudiante fumiste) et la paranoïa aiguë qui me guette parfois, je flanche, je déraille, je frise la crise de nerfs.
Mais non, j'exagère.
Juste, là faut que je balance un bon coup, que je me purge - catharcis - histoire de me sentir un peu mieux, en forçant le trait, en dramatisant à mort, en théâtralisant de manière grotesque pour ensuite me dire : ok, maintenant, on va bosser comme une folle, ça va rouler, ça va briller, ça va clouer le bec à ces imbéciles dégénérés qui ont décidé d'emmerder le monde, et après je leur cracherai dessus du haut du sommet de la gloire en montrant à quel point ils sont des loosers et à quel point moi, je suis géniale, parce que j'arrive à m'en tirer même en étant dans une galère pas possible à cause d'eux.
Pffiou. Je suis fatiguée d'avance à avoir à faire tout ça.
Etre génial, on a beau dire, c'est super, mais c'est surtout très fatiguant. Quand on est médiocre, au moins, on a aucun effort à faire, et personne n'attend jamais rien de vous. On peut se prélasser dans la mélasse de sa condition sans problème.
Non, je sais bien que je raconte n'importe quoi. Je n'envierai jamais le con qui s'amuse parmi les cons, parce que les cons m'insupportent pas mal.
Allez. Je vais quand même essayer de lutter contre cette ligue qui ne s'attaque pas forcément au génie... ils s'unissent simplement contre tous ceux qui menacent leur confort de con. Quelque part, je les comprends. Ils pourraient juste avoir un brin d'empathie, ça m'arrangerait... mais non. Un con est un con.
19:05 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.05.2006
Fuck !
23:45 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12.05.2006
Nouvelles de la nuit
- J'ai failli mourir emprisonnée dans une robe de chez Zara. Non mais, a-t-on pas idée de créer des beaux vêtements impossibles à mettre et à retirer ? Dans la cabine d'essayage, j'ai frisé la syncope. J'ai enfilé la robe, qui m'allait trop petite, en forçant un peu ; jugeant que bien qu'elle était très jolie, je ne pouvais pas la fermer et donc que ce n'était pas la peine, j'ai renoncé. Ce renoncement m'a coûté un quart d'heure de lutte acharnée avec un tissu définitivement trop serré et une fermeture éclair inutile pour me libérer. Ca m'a fait presque mal, à des moments, j'ai même entendu certains craquements...
C'est dommage, elle était vraiment jolie !
Et oui, comme quoi, des fois, j'ai trop rien à dire, mais je veux le dire quand même ! Vivent les blogs !
02:55 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10.05.2006
"Plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier, comme individus."
Bon, j'écris une note parce que je m'ennuie, fondamentalement. Norsken ne marche pas, Free, le Méphistophélès des Fournisseurs Internet n'est plus satisfait de ma pauvre âme que je lui ai vendue à bas prix. Franchement ! C'est du masochisme, après toutes les galères que j'ai eues avec eux, je suis toujours avec eux et je ne compte pas changer. Le monde est vraiment tombé bien bas.
Bouah bouah bouah il semblerait que j'écrive pas mal de n'importe quoi. Où en étais-je ? Où vais-je ? Qu'ouïs-je ? Qui je hante ? Non pardon, égarement, je reviens sur mes pas, je jette le Breton qui est venu s'incruster dans ma tête aux orties et je reviens à vous.
Soupir. Je n'arrive pas à bien gérer mes rapports avec autrui. C'est un fait. La gentillesse innée est tenace, chez moi, et me joue bien des tours. Du coup, je compense avec un cynisme parfois très effarant, souvent cinglant, amer, peu intéressant. Que doit-on partager avec ceux qui nous sont proches ? Je ne sais pas. Dans ma famille, j'ai l'impression d'être très éloignée d'eux, tous autant qu'ils sont. Je les aime, pourtant ; mais il y a mille barrières qui font qu'ils ne comprendront jamais bien ce qui m'anime, alors que moi si. C'est très présomptueux de dire ça, mais je suis presque sûre d'avoir juste : j'ai suffisamment été mise de côté pour avoir pu observer à loisir les dynamiques internes de ceux qui m'ont longtemps entourée.
Ils sont quand même assez étonnants. Ils ont tous une foi inébranlable en mon succès professionnel. Pour eux, ce n'est même pas histoire de dire "mais si, tu vas y arriver, on croit en toi", c'est une évidence comme une autre. Cela leur revient presque à penser : "elle aime bien le canard laqué" que de songer que je deviendrai une cinéaste dans quelques années et que j'aurai du succès avec mes films. C'est bien, il y a au moins eux qui y croient.
Oh, je ne suis pas défaitiste. Je suis simplement un peu fatiguée par autrui. Je me rends compte que j'ai du mal à aimer les gens pour de bon, parce que je suis un peu lâche et égoïste et avare de moi-même. J'ai aussi la fameuse tendance à chercher un double narcissique bêtement, impossible à trouver véritablement. Enfin, je pense que je suis un peu comme les créatures de Dostoïevski, dans le fond, et que je préserve leur émergence en me planquant derrière une construction élaborée d'une identité praticable, parce que sinon je serai aussi invivable et aussi autodestructrice que ses monstres à lui.
L'autopersuasion marche assez fort, chez moi. Par exemple, au collège, constatant que j'étais considérée comme "l'intello" de service, et que l'on me ressortait cette "insulte" à tout bout de champ, j'ai fini par jouer la carte de "la douée qui n'a même pas besoin de bosser pour avoir les notes d'une intello", trop excédée par ces petits monstres débiles qui pourrissaient mon estime de moi. Comme j'avais déjà mon petit orgueil, je ne pouvais me résoudre à adopter cette image en mentant, comme font beaucoup de gens : beaucoup prétendent qu'ils n'en fichent pas une alors qu'en vérité ils bossent beaucoup mais ne le disent pas, et ne veulent pas le montrer. Non non : quitte à jouer le jeu, autant y aller jusqu'au bout, sinon ça ne sert à rien. L'image n'est pas crédible si elle n'est pas entièrement assumée. Donc ! Je crois bien que c'est à partir de ce moment que j'ai fini par devenir paresseuse. Non pas qu'auparavant je bossais comme une tarée ; juste, je n'avais pas beaucoup d'efforts à fournir mais j'étais de bonne volonté. Au fil des années de collège, je suis devenue paresseuse tout en maintenant mon niveau - parce que sinon ça n'avait pas de sens non plus : je m'abaissais au niveau des autres et perdais le maigre prestige qui transpirait derrière l'insulte "intello". C'est fou, bref, jusqu'où la volonté, couplée à l'orgueil, peut vous emmener, et les effets "bénéfiques" qu'elle peut avoir. Depuis, je parviens toujours plus ou moins à plaire à mes professeurs et à amasser des bonnes notes sans en faire beaucoup, voire quasiment rien. En même temps, à la fac, c'est fastoche. Et je suis assez chanceuse aussi. J'ai acquis une certaine gloire en troisième grâce à ma construction identitaire basée sur l'orgueil et la volonté. J'ai fait la même chose pour ma technique de la "casse qui tue" : sujette à de nombreuses piques franchement lourdes et désagréables très tôt au collège, je me suis armée d'une répartie cinglante spontanée qui a fini par imposer le respect, voire l'estime, à ceux qui avaient osé prétendre m'atteindre pour de bon. Depuis, j'ai ce goût du sarcasme tranché, vif, net, précis, qui me donne un certain succès souvent.
Je suis dans une période où je me dis à la fois que tout est trop facile et trop compliqué. Le présent m'est très facile à gérer : la fac, ce n'est pas la panacée, j'ai une situation financière assez stable et agréable, je ne fais pas beaucoup d'efforts pour le moment dans ce que je fais. Concernant l'avenir, c'est nettement plus pesant : mon roman, par exemple... Je n'ai toujours pas terminé le 5ième chapitre, et j'en suis au tiers. J'ai l'impression que cela fait des mois que je dis ça. Ma carrière professionnelle... la Fémis est apparemment un truc où je devrai fournir un effort quasiment surhumain pour pouvoir espérer un jour y mettre les pieds. Ne parlons pas d'une éventuelle carrière cinématographique qui sera encore plus ardue et éprouvante. Je ne sais même plus ce que je veux faire finalement...
Au moins, pour l'écriture, c'est un truc que je peux faire quand je veux, et c'est un besoin presque viscéral pour moi. Tandis que filmer... Cela me paraît à la fois lointain et terriblement tentant. Si je pourrai vivre sans faire de film ? Je ne sais pas. Peut-être est-ce la question à se poser. Il faudrait que je me décide à prendre une caméra pour de bon, à m'y mettre en somme. Mon prof de montage est à fond sur ce que je peux faire... mais est-ce bien suffisant ? Il est tellement aisé de plaire à n'importe quelle personne venue, pourvu qu'on cerne un peu le genre de choses qui peut lui plaire. Par contre, faire de l'art, faire quelque chose de concret, d'intéressant, de crédible... L'on est plus exposé quand on fait un film qu'un livre. Au moins, le livre peut finir aux oubliettes sans avoir impliqué qui que ce soit. Dans un film bah... J'ai toujours ce problème d'orgueil. Et puis m'exposer vraiment...
C'est moi ou c'est un peu décousu ? Hum. Je ferai mieux d'attaquer mon bouquin plutôt que de bavasser de cette façon. Je vous laisse méditer sur une ultime question, que je me pose maintenant, et que Dostoïevski pose avec beaucoup de pertinence :
"Que vaut-il mieux pour nous ? Qu'on sache la vérité sur nous ou qu'on dise de nous des bêtises ?"
00:25 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
25.04.2006
You can call me a mook !
J'ai passé une soirée... grandiose. Il faut que je vous raconte ça !
Avant toute chose : êtes-vous déjà allés à Pizza Hut ? Mais si, vous savez bien, ce "restaurant" qui inonde les métros de pubs immondes à propos de ce qu'ils appellent des "pizzas". J'ai eu l'immense honneur de dîner dans cette cantine de luxe, après une série de circonstances que je développerai un peu plus tard. Parlons d'abord de ce repas, qui fut haut en couleurs.
J'étais avec Joe et Pik (j'utilise des surnoms pour ne pas les entraîner publiquement dans la boue avec moi) sous une pluie battante ; nous hésitions longuement entre une virée Mac Do (nous avions déjà déjeuné de ces formidables mets américains à midi, je précise) et une sortie à Pizza Hut (parce qu'ils étaient tous deux près du cinéma et, a priori, d'égale valeur - pas trop chers en somme dans un quartier plutôt luxe). Après quelques tergiversations subtiles, nous débarquons comme des princes que nous étions au paradis de la pâte plate recouverte de tomate où une décoration du plus bon goût (affiches immondes, vagues reproductions monstrueuses d'un décor de ville américaine) éblouit nos regards embrumés. Un hôte, au lieu de proposer de prendre nos manteaux et de fumer quelque cigare de la Havane, nous indique un petit banc modeste où « patienter » en attendant… on ne savait quoi... étant donné que la salle comportait de nombreuses places pouvant accueillir nos modestes corps humides et fatigués.
Après s’être faits habilement doublés par un groupe qui, plus audacieux et moins humble que nos charmantes personnes, s’était avancé directement vers une serveuse pour pouvoir s’asseoir à une table, nous parvenons enfin – non sans avoir hésité à quitter le restaurant parce que l’heure du film commençait à se rapprocher dangereusement – à nous installer. Nos ventres affamés ne sourcillent guère devant les prix ; pensant seulement à restaurer nos panses vides, nous débattons sur la qualité des menus servis, sur la rentabilité du choix.
Finalement nous commandons, après avoir abandonné le plan cinéma (il était trop tard, malheureusement) ; puis nous réfléchissons enfin à nos bourses, et nous concluons que, tout de même, on se faisait vachement entuber sur la marchandise, et que c’était aussi cher qu’au Bistro Romain ou dans quelque pizzeria de bon goût. Résignés, exténués, mouillés, nous recevons en premier lieu nos boissons. Là, j’exécute un formidable geste qui m’inscrira à tout jamais dans le « Guide des conneries les plus idiotes à faire à table » : constatant qu’on me donna deux verres, un rempli d’Ice Tea, l’autre vide, j’entreprends de verser un peu d’Ice Tea dans le verre vide. Pourquoi ? Je ne sais pas, dérapage de cerveau. Joe demande : « Ca sert à quoi ce deuxième verre ? » et, chose improbable, je réponds du tac-o-tac : « Pour boire de l’eau, à côté de ta boisson. » Alors que je venais de verser de l’Ice Tea dans ce verre ! Je me demande des fois ce qui se passe dans ma tête. En plus j’en avais mis partout.
Bref. Nous partageons quelques instants de marrade à cause de cet acte de bravoure on ne peut plus savoureux, avant de patienter quelques instants (comme sur une hotline, c’est-à-dire : un bon quart d’heure) pour avoir un assortiment de pains à l’ail. Bon, ces trucs-là, c’était pas mal, faut dire. Le seul truc qui n’avait pas l’air biochimiquement modifié. Pik n’a pas arrêté de faire tomber son pain des mains, pour des raisons obscures, c’était assez spectaculaire.
Viennent ensuite les pizzas. Bon, vous savez bien comment ça se passe : sur le moment, on ne pense pas forcément à la dégueulasserie de la marchandise, surtout quand on partage des discussions hautement spirituelles (les derniers résultats du foot, comment décrire un bon postérieur sur un RPG, la valeur attractive des minijupes sur les filles, et le fait que la serveuse – par exemple – ne soit pas extrêmement attirante même si elle porte ce micro bout de tissu moulant) et qu’on assiste à des spectacles dépassant l’entendement (genre, un couple qui se fait photographier dans le Pizza Hut, en souvenir de la soirée… et plein d’autres couples qui dînent romantiquement dans ces lieux de perdition gastronomique).
Fin du plat de résistance (qui à présent fait encore appel à nos plus grandes facultés de résistance gastrique). Dialogue :
- Purée, ça fait déjà une heure qu’on est là !
- Une heure de trop. (Moi et mes phrases, mon ton sérieux, mon poil brillant, mon corps robuste, mon œil vif… mouais !)
Poursuivant l’esprit d’autodestruction qui me possédait jusque là, je commande un café liégeois pour le dessert. Je l’avale je ne sais pas trop comment ; il y avait d’ailleurs plus de coulis que de glace, ou à dose équivalente, et c’était franchement écoeurant. Joe s’annonce le premier : « Putain, j’ai envie de dégueuler. » Moi, attardée : « Tu voudrais pas finir mon café liégeois ? » (Je ne pensais même pas à mal en disant cela !)
Je déclare mon envie d’aller aux toilettes ; Joe ne supportant plus l’ambiance du resto, il se lève, et jette ses sunglasses d’un geste élégant sur la chaise d’une table voisine. Bon, évidemment, ce n’était pas volontaire. Je pars aux waters (cette expression est moche), et je rencontre en arrivant un goth, et en sortant une goth. « Les Goths aux chiottes ! » s’exclame mes neurones hilarants (hum) de concert. Je me demande quand même ce qu’ils trafiquaient dans le coin. Peut-être la tomate leur apparaît-elle vampirique, et la décadence du lieu hautement symbolique. Je ne sais pas, j’ai beau avoir un blog à tendance satanique, je ne suis pas… goth.
En sortant, la pizza descend dans nos pauvres estomacs chétifs. Là, concerto de « je me sens pas bien », « ce truc pèse une tonne dans mon estomac », « non mais, en fait, c’était franchement dégueulasse non ? », et autres aphorismes des plus croustillants. Dans le métro : évidemment, ça ne pouvait pas sentir la rose, non, ou quelque délicate fragrance pouvant apaiser nos digestions tourmentées. Evidemment, quelqu’un avait eu la bonne idée de marcher dans le caca, ou pire encore. Bref ! Ce fut une aventure gastronomiquement périlleuse… mais sympathique à raconter.
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23.04.2006
Jerk off
Voilà, j'ai finalement trouvé comment sortir du carcan des présentations toutes faites pour avoir mes propres couleurs, mes propres images... Retour au flamboyant, mes amis ! Du bruit et de la fureur !
(Je vous apprends l'art de fuir vos travaux universitaires inutiles en vous occupant inutilement. Bonsoir !)
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20.04.2006
Back.
Je suis donc de retour "chez moi", si tant est que je puisse l'appeler ainsi. Je devrai dire "chez nous" en vérité puisque je ne suis pas seule dans ce bel appartement (enfin, présentement si, mais c'est temporaire). Bref. Tout ceci ne sont que des détails de langages superficiels. Revenons-en au fait.
Tout a commencé ce matin, vers 10h ; réveil, brossage de dents, petit déjeuner. Une bouteille de jus d'orange Joker avalée, un petit croissant ainsi qu'un chausson aux pommes de la veille engloutis, mes affaires apprêtées, je partais. Je quittais la belle contrée, aux couleurs ambrées, qui a accueilli ma modeste personne durant deux semaines, des sous plein les poches. Au moins ces semaines furent fructueuses de ce côté-là ; et même si maintenant je reviens sur internet comme une droguée qui a été sevrée un peu trop longtemps et se sent submergée par la dose qui l'attend, je me satisfais beaucoup du pactole que j'ai pu amasser grâce à quelques sourires et quelques blagounettes bien trouvées lancées à des personnes Anglaises, ou vieilles, ou les deux.
J'ai joint le premier train, et ai savouré les joies du TER Aquitaine, version neuve. J'aime beaucoup ces trains-là ! Il y a des places qui permettent d'avoir une fenêtre non pas sur son côté, mais en face de soi... ainsi, on regarde le paysage comme dans un écran, et on voit même le reflet de la fenêtre qui se trouve derrière soi... j'ai toujours aimé les jeux de réverbération.
Ensuite, place au TGV flambant neuf, designé par l'autre imbécile de couturier. Au programme : du violet, des équipements étranges, pas toujours fonctionnels, du orange de temps à autre, et le wagon-bar à l'autre bout du train (pourquoi faut-il que je sois toujours en queue de train ???) Bref. Dans un premier temps j'ai savouré : j'étais dans un espace pour quatre personnes... seule. Ah ! Douce joie d'avoir de la place pour étendre ses jambes ! Mais, passé la première gare où nous nous sommes arrêtés, ce fut le début du calvaire : des gosses ! Diable, pourquoi est-ce qu'on ne foure pas les gamins dans un wagon séparé, ça me dépasse. Enfin là, c'était un peu rude : il y avait des gamins partout. J'ai été tentée de changer de place, plutôt que de coltiner le petit frère et la soeur qui n'arrêtent pas de sautiller et de me déranger dans ma lecture de Proust ; mais en parcourant les wagons pour m'acheter des Skittles, horreur, damnation, infâmie, il y avait des enfants... partout. Invasion radicale.
Oh, j'aime beaucoup les enfants, faut pas croire ; mais pas dans un train. Dans un train c'est vraiment trop. A croire que les transports nous rendent particulièrement misanthropes... Enfin, je pense qu'il est facile d'être humaniste, altruiste, quand on reste chez soi. On n'a pas en face de soi le ridicule des individualités affligeantes qui peuplent le monde. Il est facile d'avoir des idéaux, d'aimer les gens "en général" quand on ne se confronte pas à la réalité des personnes.
Bref, mon casque sur les oreilles, une attitude somme toute très "Hemma Mykland" (un de mes personnages de JDR, je vous en parlerai un de ces quatre, bientôt sûrement) durant ces trois heures et demie interminables... je me suis vengée sur ces pauvres Skittles que j'avais achetés. Je me suis rendue compte de la tragédie de mon existence, d'ailleurs, en les consommant : songeant que mes préférés étaient les violets (à la myrtille ou à la mûre, ou au cassis, un fruit dans ce goût-là), j'ai essayé de grapiller ceux que j'aimais le moins d'abord, histoire de garder les meilleurs pour la fin. Me rendant compte au bout d'un temps que j'étais écoeurée par ceux que je n'aimais pas plus que ça, j'ai dévoré les violets ; une fois ceci fait, j'ai contemplé le fond de mon paquet avec un désintérêt, et une petite culpabilité, comprenant que je ne les finirai pas. Sentant ma détresse atteindre son paroxysme, j'ai voulu sortir mon portable de ma poche histoire de crier mon désarroi à quelqu'un que je connaissais... mais je ne captais pas. Ô miséricorde ! Ce fut ma tragédie du jour.
Le voyage prit fin, au bout de longues heures de pensées macabres sur le genre humain, et autres divagations de mon genre (Norsken, la vie, l'argent, le passé, l'avenir, l'horreur du présent). Après ce fameux passage du tunnel (interminable, fourrant deux épais bouchons d'air dans mes pauvres tympans apeurés), me voici gare Montparnasse... Paris. Ô Paris ! Comment ai-je pu survivre deux semaines loin de toi !
Deux semaines sans l'odeur de tabac froid sur ton quai de gare ; l'urine de chien dessinant des spirales acrobatiques sur le bitume gris ; les gens, foule de gens, des têtes de crétin, des tronches de cake, bouffis, affaiblis, bougons, joyeux, jeunes, vieux ; le ciel lourd, épais, qui se déchire de temps à autre comme à contre-coeur pour laisser passer une de ces flammes ardentes du jour déclinant ; le métro, ah le métro ! Il y aurait tellement à dire sur le métro parisien, je n'apprends rien à personne, je crois. Les rames de métro sont les poumons de la ville... et qu'on ne me dise pas que Paris est une ville grise, en les connaissant ! Parce que les chefs d'oeuvre publicitaires, aux couleurs bariolées, chaotiques, exhubérantes, ont de quoi faire pâlir. Comment ai-je pu me passer de ces affiches ? De ces annonces criardes, agressives, purulentes ? De ces affiches de film atteignant le summum du mauvais goût ? (Non mais, ce truc là, V pour Vendetta, c'est ridicule : pour qui se prennent-ils, les frères bidule, pour Orwell ? Leurs faux slogans totalitaires sont grotesques, et le gros V est un tag digne des petites frappes de banlieue âgées de 13 ans. Franchement ! Il faut arrêter de se croire révolutionaire, tout cela parce qu'on régurgite ce qu'on a pu vaguement lire en un film avec beaucoup de sous.)
Ah, mais le métro, c'est aussi les joies du métro aérien ; l'on voit la ville défiler comme lorsqu'on feuillète un recueil de poèmes, une anthologie des jours passés. Lorsque le train s'arrête à une station, c'est comme si l'on prend sa respiration avant de poursuivre la découverte ; et lorsque le train repart, on se retrouve à nouveau à faire virevolter les pages de la ville entre ses doigts, en s'émerveillant de tel détail insignifiant mais plaisant, de tel mot comme de tel éclat sur une fenêtre éclairée, ou en maugréant contre la tristesse morne des rues goudronnées, aussi arides que certains faciès qui y voyagent.
Ah Paris ! Elle est urbainement champêtre, grossièrement charmante ; passablement raffinée, tranchée, exquise, fatiguée, indifférente. J'aime ça, cette indifférence-là, précisément ! La seule que je supporte. J'aime pouvoir me perdre au milieu des gens et faire la tronche si je veux, d'abord. Je ne vois pas pourquoi l'on a inventé cette obligation de bonne humeur, de sourire, à chaque minute de sa vie, sinon l'on paraît rabat-joie, bougon, aigri pour le restant de ses jours. Eh quoi ! A croire que l'on doit toujours remuer ses zygomatiques pour signifier son existence et sa "joie de vivre" à autrui. Non ! Fatiguée d'avoir souri pendant quinze jours à des abrutis congénitaux, je revendique mon droit à grimacer, à adopter une mine renfrognée si ça me chante, dans le métro. Et Paris me permet de m'y donner à coeur joie ; parce que tout le monde n'est pas heureux, et que tout le monde se fout plus ou moins de son voisin, on reste au chaud au creux de ses pensées, les mains les poches, les sourires dans le coeur. Il n'y aura personne pour vous dire "ben, pourquoi tu fais la gueule ?" alors que dans cette petite cité dans laquelle je me suis enterrée quinze jours, il suffisait d'une légère ombre sur mes joues, d'une faiblesse aux coins de mes lèvres pour qu'on me la reproche aussitôt. Bigre ! J'aime pas les petites bourgades : les gens se sentent obligés de tous se rencontrer, de tous se fréquenter, à défaut de s'apprécier, et de tous se jauger, à défaut de se connaître vraiment.
Vive l'anonymat, l'indifférence de la grande ville ! Je préfère de loin les sourires bétonnés aux mièvres démonstrations rupestres des promeneurs des petites villes, qui se sentent obligés de montrer qu'ils existent parce qu'ils sont peu nombreux. Ici ça grouille, ça bouillonne, ça culbute, ça bouscule, ça résonne ; peu importe ! Chacun pour soi, la ville pour tous !
Hum. Je m'égare. Proust a une mauvaise influence sur mes élucubrations virtuelles. En plus j'ai une tonne de choses à faire, au lieu de cette note... Peut-être vais-je conclure maintenant, sur cette simple phrase, toute simple, toute bête, mais qui résume tout ce que je viens de dire :
"Je suis rentrée, et je suis fatiguée, mais ça va !"
20:05 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
09.04.2006
Les mille et une aventure d’une Parisienne égarée dans la contrée de Cyrano
Que je vous explique le pourquoi du comment : je suis actuellement réquisitionnée pour exercer une profession ô combien charmante et savoureuse, à savoir celui de serveuse dans un restaurant asiatique. Cela me permet, à chaque fois que je porte des assiettes et des verres, de me rendre compte de la diversité humaine et de sa démence profonde.
Bon, ce constat étant fait, nous pouvons nous attaquer au cœur du sujet : cette belle nuitée, qui fut si riche en couleurs que je ne puis m’empêcher de vous relater quelques faits qui m’ont donné toute la soirée l’allure d’une pochtronne distinguée.
Tout commence à 19h. Vous savez bien, l’heure où certains estomacs commencent à s’affoler et à réclamer leur dose de canard laqué grillé à la sauce aux champignons parfumés (mouhahahah). La soirée commence comme une autre : quelques clients débarquent, quelques plats à emporter à régler, rien de bien bien palpitant.
20h : salle pleine. Je ne sais pas combien de personnes rentrent à cinq minutes d’intervales prendre l’assaut notre modeste établissement pour réclamer monts et merveilles. Mais, jusqu’ici, à part la fatigue, le déconnectage de cerveau (parce qu’à un moment donné, on ne parvient plus à penser qu’avec des chiffres et des noms de plats) et les petites foulées souriantes, rien de bien exceptionnel.
21h : salle archi-pleine. On commence à refuser des gens. Je commence à dérailler et à mal gérer ma salle, en filant des tables aux mauvaises personnes, ce genre de choses. Premier verre cassé aussi de la soirée, youhou !
21h30 : là, le grand évènement de la soirée. Un appel : « on voudrait venir à 16, ce serait possible ? » Moi, au bord de la syncope « euh ben heu je… c’est-à-dire que vous voyez on est un peu complets et… » Réponse de l’intéressée : « ah mais on peut attendre ! » Je demande en cuisine. « Oui mais ils seront pas tous côte à côte ! » Je transmets, on me dit : « ah mais non non je veux qu’on soit tous côte à côte ». Je déclare, très diplomatiquement : « Venez dans une heure et on s’arrangera… » pensant que la personne qui me parlait aurait deux sous de bon sens en constatant la chose. (La salle n’a qu’une trentaine de places, je précise.)
Mais non. Ce que j’ai occulté sur le coup, c’est l’éventualité que cette personne puisse être l’un des nos clients les plus beaufs et les plus lourds, je crois. Clients réguliers qui sont toujours là à faire ch*** le monde (ce n’est pas élégant, mais c’est bien l’expression), râlant pour des motifs totalement ridicules en général, même s’ils mangent et paient grassement. Bref, tout un sens de la vie que cela vous apprend, d’être serveuse…
22h : arrivée de clients assez… disons, surréalistes. Enfin surtout un : un tatoueur vraiment… franchement, si je m’attendais à trouver ça dans ce trou perdu !
22h30 : Arrivée des boulets en chef. D’abord ils attendent ; après, constatant que même la salle moitié pleine, même en faisant deux grandes tablées assez longues ils ne sont guère contents, ma sœur les vire plus ou moins. Ceux-ci s’en vont avec la délicatesse qui leur est coutumière (et vas-y que ça mouline et que ça ronchonne, et que ça titube parce que ça a déjà sifflé un bon apéro avant de débarquer comme des fleurs pas fraîches dans le premier resto à torturer). Première intervention du tatoueur, qui lâche au passage des beaufs qui se cassent : « Vous savez, nous, en tant que clients, nous ne sommes pas du tout fâchés que vous ne restiez pas. », quelque chose de ce goût-là (!) bref un truc de fous.
Dans le même temps : le tatoueur s’extasie devant une soupe de ma mère, qu’il décrit comme n’étant « non pas une soupe, mais un chef-d’œuvre, un poème ! » avec quelques envolées lyriques du plus bon goût. A noter que le mec a pris du champagne pour son apéritif, et a recommandé une autre grande bouteille pour le repas. (La soupe est délicieuse, s’il est nécessaire de le préciser !)
Ce tatoueur offre par la suite à tout le personnel une coupe de champagne, d’ailleurs – je ne me suis donc pas privée, vous pensez ! La minute d’avant, après le départ des supers-lourds, je m’étais justement dit : « bon, j’ai besoin d’un remontant là. » Comme quoi il suffit d’espérer !
Le tatoueur a ensuite prononcé des phrases qui mériteraient de finir dans un jumelé des meilleures citations prononcées en resto. A propos des beaufs : « non mais ces mecs-là, c’est pas la peine, c’est du genre à venir chez moi et à poireauter pour se faire tatouer un dauphin », enchaînant ensuite « ça vaut pas la peine, ces clients ils râlent pendant tout le repas et chient sur le restaurant même en sortant » (ah, la clairvoyance du mec, je vous jure !) Et puis, déclaration de fin de soirée : « Votre cuisine, madame, c’est comme le vent sur la montagne, les fleurs de cerisier le jour de… le… le » (et oui, saké et champagne, ça ne pardonne pas).
Bref, le tatoueur et ses potes ont mangé pour 170 euros… pas mal non ? Le mec était un siphonné totalement lyrique et barré à cause de l’alcool, bref, c’était assez « folklorique » si je puis dire. Des jeunes gens à une table, somme toute « normaux », devaient se demander où ils se trouvaient (ils sont arrivés juste avant la confrontation beaufs – sœur enragée – surréalistes libérés) mais ont quand même apprécié leur dîner, et à une autre table, une petite famille, qui est arrivée après les boulets, il y avait un gosse qui avait une puissance vocale assez hallucinante. Il a notamment gueulé un beau « Yalaaaaa !!! » en revenant des toilettes, c’était très mignon.
Non mais comme quoi même si j’ai des courbatures partout, même si je n’ai pas suffisamment de net pour me distraire virtuellement, j’ai de quoi m’occuper dans le coin, on dirait. J’ai d’abord eu deux coupes de champagne (ils ont pas fini leur bouteille… j’avoue, j’ai bu une gorgée au goulot, avant de me dire « non, Elise, tu ne fais pas très classe comme ça : prends un verre ») et un peu plus de vingt euros de pourboire pour me changer les idées. Et le magnifique Marcel Proust sous le coude, évidemment, évidemment. Ah, la madeleine ! On aurait dû me dire plus tôt que c’était plus qu’une simple référence à caser gauchement dans ses textes. Là, pour le coup, je me sentirai presque honteuse… c’est tellement magnifique, ce qu’il écrit, Marcel. C’est comme si vous serriez le cœur de l’auteur dans vos bras, et qu’il serrait le votre en retour… une formidable étreinte, quelque chose comme ça, souvent douce, parfois plus douloureuse, toujours profondément émouvante et éblouissante de vérité, de... d’une énergie inexprimable, ineffable. C’est une âme qui vibre, qui ondule sous vos doigts à chaque page ; un œil qui s’entrouvre, un sourire qui s’échappe, un souffle chaud qui vous réveille… Bref, moi aussi, je deviens lyrique. Je vais me mettre aux tatouages, bientôt, je le sens bien.
Pffiou, quand même, si c’est tous les soirs comme ça… Je vais devenir ou euphoriquement lyrique (parce que le champagne m’a fait sourire comme une niaise pour le reste du service, par la suite) ou au bord de m’étaler à chaque seconde (fracassant les assiettes comme pour une barnitzva – c’est ça la fête où on casse de la vaisselle ? Je sais plus). Je ne pouvais me coucher sans vous raconter tout cela ; j’ai souvent pensé à tenir un journal durant les périodes où j’étais serveuse, parce qu’il se passe toujours des trucs assez énormes. Mais aussi énormes qu’aujourd’hui, j’avoue, je crois pas. Enfin, c’était assez étrange à vivre ; peut-être que raconté comme ça ça paraît tout à fait ordinaire.
02:10 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
06.04.2006
"Certes, il y a de bons et de mauvais moments, mais notre humeur change plus souvent que notre fortune." (Jules Renard)
C'est stupide mais je me sens nettement mieux, maintenant que je peux me proclamer en vacances. Après je ne sais plus combien de semaines d'inactivité intense, sous le couvert des grèves et occupations de fac liées à ce mouvement qui fait remuer tant de bouches et tant de bras aujourd'hui, je me sens mieux, d'être "en vacances". Pourquoi ? Je me sens moins coupable de rester terrée dans ma couche, au lieu de lutter avec un drapeau, les seins nus et un bonnet phrygien pour guider le peuple. (Charmant tableau, n'est-ce pas?)
A propos du mouvement, mon avis sur la question (parce qu'après tout... ça fait quelque chose à dire) : je suis contre le CPE (je suis achement originale là). D'après ce que j'ai pu lire ou entendre, ce contrat n'est pas terrible. Je n'aime pas la possibilité qu'un mec qui est déjà hiérarchiquement au-dessus de moi puisse en plus mettre la pression parce qu'il peut me virer à tout moment. Je n'aime pas le système à l'anglo-saxone qui me fait un peu flipper (cf The Big One de Michael Moore, entre autres). Je préfèrerai une meilleure division du temps de travail, un meilleur gérage des formations pour les jeunes qu'un p'tit caca comme ça. Après, je dis ça, je dis rien...
Concernant le blocus : absolument pas gênée. Fumiste, égoïste et opportuniste, j'apprécie le mouvement, l'énergie qu'il dégage, celle de la jeunesse (cf la fin de ma dernière note). Cet entrain, bien que porté par un certain nombre de crétins, a quelque chose de séduisant, de romanesque, de lyrique presque ! Un peu plus et on se retrouverait du temps des mousquetaires, à croiser le fer pour un oui ou pour un non... Ah, je m'égare, je suis trop sentimentale.
Concernant mes examens : pas d'inquiétude non plus. Bon, il m'est assez pénible de devoir rendre des dossiers dans une situation pareille - quitte à faire la grève, autant ne pas travailler du tout et considérer cette année comme acquise et résolue - mais bon. J'admets, il y a pire. Ah, c'est un peu chiant aussi ces semaines de cours supplémentaires, mais oui, il y a pire. Je ne crains pas de râter mon année ; les profs ont l'air encore plus fumistes que les étudiants, par chez moi, et donc assez conciliants concernant la situation, à part quelques boulets. Quant à savoir si je passe à côté d'un semestre de savoir ? Laissez-moi rire. Les cours dispensés à la fac sont un peu pitoyables, dans ma filière (cinéma). Entre les chauvinistes de rigueur et les théoriciens poussiéreux, on se demande où est l'art... C'est plus du blabla de l'art que de l'approche artistique à proprement parler. Je suis un peu dure, peut-être ; mais quand même, il y a trois quarts des trucs qui sont vraiment peu intéressants, quand même. Oui, il faut réfléchir sur l'art, tout ça, tout ça, lire les textes... mais bien évidemment on a un parti pris chauvin, on étudie que les frenchies, qui sont pas forcément les plus intéressants. Je reconnais l'importance manifeste de la France dans les autres arts, mais en cinéma... à part quelques maîtres disparates, franchement, ça manque de relief. Surtout, ça sent trop la revendication perpétuelle orgueilleuse du statut. Ils ont pas compris que pour être artiste il ne suffisait pas de le revendiquer avec un orgueil somme toute absolument français.
Puis, les facs n'ont aucun moyen, dans les filières littéraires artistiques. Alors on fait des trucs sans grand intérêt pour combler ce manque de fric... parce qu'avec du fric on pourrait pratiquer au moins ! Là, niveau matériel, c'est un peu pathétique...
Bref. Tout ça pour dire que le savoir universitaire qui me concerne se trouve essentiellement dans des bouquins. Les profs servent surtout à expliquer quand on comprend pas bien... mais comme en général ce n'est pas si abscons que ça, seulement pataudement ampoulé et masochistement lyrique, j'arrive très bien à me débrouiller. D'ailleurs je ne lis pas de bouquins. En fait je suis comme d'habitude un mauvais exemple. Je comprends trop bien la passion refoulée des profs en mal d'originalité, d'art, parce que malgré tout, ça leur plaît, ce dont ils parlent ; et dès que quelqu'un parvient à leur faire croire que haaaa le cours révèle des choses extraordinaires et que hoooo en plus l'élève arrive à le dire de manière pataudement ampoulée et masochistement lyrique, c'est l'extase. Ah... je dis ça, et je nourris la hantise de finir professeur à mon tour, frustré dans ma pratique artistique, arg.
Ouais, ça fait pas mal de pavés en peu de temps, je vais me calmer.
15:30 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
"Je tremble toujours de n'avoir écrit qu'un soupir, quand je crois avoir noté une vérité." (Stendhal)
Bon. A part ça pas grand chose à dire. Besoin d'une petite purgation nocturne, en attendant que le repas soit prêt. Ach, j'ai faim !
Pas super période en ce moment. Pourtant j'ai connu autrement pire et autrement plus fatiguant. Mais bon je sais pas... Suis lasse, un peu. J'aimerai ne pas avoir à m'accomplir professionnellement, juste artistiquement. Me détacher des contingences nécessaires et barbantes pour n'avoir à penser qu'à moi.
Moi, moi, moi. Je revendique mon égoïsme puéril et ma paresse accablante. Je crois que plus ça va moins je suis motivée par quoi que ce soit, à part l'écriture... Plus envie d'aller en cours, plus envie de rien faire. Regarder des films, oui, c'est bien ça aussi. Je me demande toujours si je serai apte à en faire, des films. Il faudrait que je m'y mette, mais franchement... J'ai très peur de m'exposer dans ce domaine.
Là j'avoue écrire plus un soupir qu'une vérité quelconque. Le rôle habituel du blog un peu personnel : étaler silencieusement ses soupirs bruyants de satisfaction ou de lassitude ou de désespoir. Bah bah bah.
A venir dans ma vie durant les prochains jours : retour dans la contrée de Cyrano, job de serveuse, voire de barmaid... C'est chiant, vous savez, comme travail ? Bon, il y a pire mais c'est quand même une façon de se prendre en pleine poire toute l'étendue de la connerie humaine. De la beaufitude et de la niaiserie des gens. Ca apprend aussi à garder le sourire, ou du moins une attitude respectable même si on nourrit un profond mépris pour la personne servie. Juste parce qu'on espère quand même un pourboire. Je suis d'un cynique, quand je sers, je crois ; enfin ça me fait du fric.
Ah lala ! Je donne pas une image très reluisante de moi-même, là. Faut pas croire, je peux être quelqu'un de bien, humainement. Même si à la fac je ne parle aux gens que par intérêt, avec un sourcil ironique et un sourire faussement indulgent, quelques mots d'esprit à la bouche un peu étranges histoire de garder une distance règlementaire avec les autres, et d'attirer leur sympathie malgré tout. Je suis d'un fourbe ! Non, je me voile la face. Je ne les déteste pas, ces gens-là ; certes j'ai pas tellement envie de les connaître mais je crache pas sur leur compagnie puisque, dans une foule, il est quand même plus agréable de pouvoir sourire à quelqu'un que de devoir rester dans son coin à maugréer contre le genre humain.
Puis, j'ai quand même des amis. Des gens qui m'estiment un poil, malgré mes travers nombreux et variés - comme chez tout être humain normalement névrosé. Des gens que j'ai envie de connaître, même si je ne partage pas absolument tout avec eux. Mais bon, mon rapport à autrui... j'ai du mal à le définir. Je me planque beaucoup, je ne montre que ce que je veux bien montrer, je balise et j'ai aussi nourri cette idée stupide que ma présence puisse plus être un dérangement, un inconfort, qu'un apport. Si bien que lâchement je sollicite moins que je ne devrai, pour ne pas m'imposer, et aussi pour ne pas essuyer de refus et envisager que cette idée puisse s'avérer vraie.
Bref. Je m'égare, je crois.
De toute façon, c'est une grande errance, que celle de vivre ses années de jeunesse : toujours on balbutie en croyant qu'on déclame des tirades puissantes et aiguës. Mais on ne fait toujours que tâtonner. On a beau se prétendre dans la fleur de l'âge, se gonfler d'assurance et se pétrir dans ses convictions... on est pas encore bien lucides. Très inconscients et innocents. C'est de là que naît toute la beauté de la jeunesse. Quelque chose de fougueux, d'immaîtrisé, portée par une force unique, éphémère mais puissante.
Bon, je vais m'occuper de mon dîner tardif, et me changer les idées.
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03.04.2006
La nuit roule dans mes yeux...
Diantre. A la renaissance-déchet de 20six, je m'étais dit que je vivrais très bien sans blog. Que je m'occuperai autrement. J'ai tenu longtemps avec : 8 personnages (bon, il y en a un qui n'est pas encore sorti de l'ombre, et qui est un peu endormi, donc disons 7) sur mon forum jdr, un forum à administrer donc, un roman à écrire (cinquième chapitre en cours... On avance, laborieusement, mais on avance), mes lectures (faut que je fasse ma liste, ça vient, ça vient), mes visionnages de films (il faudrait aussi que je fasse une liste), ma vie d'étudiante gréviste-fumiste (une visite en AG, peu palpitante, le reste à la maison, les manifs c'est trop de sensations pour moi), ma vie de "jeune adulte" sociable (hum) etc. Et puis ce soir, décidant de faire une nuit blanche pour la forme, je lance un blog en attendant que les heures pâââssent.
Ouh. C'est un peu fou, cet état d'hébétude, de ramollissement cérébral intense.
Mon coeur s'ouvre,
Mon âme s'égrène,
Mes yeux fous,
Qui se démènent...
Le moment est doux.
(Envolées lyriques du soir, bonsoir ! Beurk !)
Il eut fallu que je me présentasse, peut-être ? (Ou comment écrire une phrase moche à 5h du matin.) Bon, alors on y va, on se prélasse, on se détend, on a la bouche pâteuse mais on tape quand même et on dit : Milady, pour vous servir, dix-neuf ans à peine, en pleine fleur de l'âge, égarée dans la capitale comme une peau de banane (fraîche) sur un trottoir des Champs Elysées. Pourquoi Milady ? Référence à la Milady de Winter de D'Artagnan, qui me fascine absolument, et à un personnage que j'incarne sur mon jdr, qui lui ressemble un peu (Milady Coulter, j'vous en parlerai, bande de canaillous, si ça vous intéresse !)
A peine quelques lignes de tapées que je sais plus quoi dire, tiens. Franchement, à quoi cela sert-il de se présenter ? De présenter son blog ? Vous êtes là, vous voyez ma tête étrange, sur une page tendance dark-purple (ça me semblait en accord avec le Bruit et la Fureur de mon blog...) et cela ne vous suffit pas ?
Bah, il suffit de repasser, pour mieux me connaître. Je suis quelqu'un de bien trop inconstant, en vérité, pour être présentée en une seule note. Comme tout le monde. Je commence à avoir les doigts rouillés, et à sentir les heures d'éveil peser sur mes frêles paupières. Je vais continuer de tapisser ma nouvelle maison virtuelle avec plein de cochonneries insolites rien que pour vous. Je vous gâte. Et moi je me fais gâteuse. Aaaahahahahahah hum.
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