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28.05.2006
Cafarde
Je ne sais pas si cela arrive souvent aux autres, mais à moi cela m'arrive très souvent : un mot traîne dans ma tête sans aucune raison apparente. Ainsi, cela fait un bout de temps que le mot "Schnaps" me revient comme ça, l'air de rien, quand je ne pense pas à grand chose. J'aime sa sonorité, courte, un peu mousseuse. Jamais bu de cette chose-là, il faudrait peut-être que je goûte.Souvent donc des mots qui traînent dans ma tête. Parfois des bouts de phrase. Du coup je les case dès que je peux à la première occasion. Les dérèglements de mon cerveau m'échappent parfois. Il faut dire que Schnaps me fait aussi penser à Schnapi le crocodile, à la chanson, tout ça... les associations libres hein, j'irai pas jusqu'au bout, je ferai ça avec mon psy.
En fait, je ne vois pas de psy. Je me demande souvent si je ne devrai pas. Tantôt je me dis : oui, l'expérience pourrait être intéressante. Apaisante. Il y a parfois des trucs que je ne peux dire à personne. Même pas à ceux qui me sont proches. Surtout pas à ceux qui me sont proches. Des pensées fugaces, violentes, parfois impossibles à exprimer même. Souvent je tape donc, ça donne des baragouinages bizarres qui dorment dans des docs words. Ou des ramassis de lyrisme gluant assez indigestes. Vaut mieux que je garde ça pour moi, donc.
Je suis terrifiée, je crois, par le système de la cure psychanalytique. C'est vrai : le psy ne dit rien. Du moins, il est censé ne rien dire. C'est terrible ça. En même temps, s'il l'ouvrait, est-ce qu'il ne finirait pas par dire des conneries ? Ne connaissant rien de moi d'abord, se permettant de répondre à mes questions avec assurance ? Ou s'il n'avait pas d'assurance en me répondant, et me disais "je ne sais pas..." Comment, un psy qui ne sait pas ? Mince !
Je suis trop tarée pour aller voir un psy, je crois, ahahah. Parce que dans tous les cas, je me dis que ça ne va pas. En me libérant, j'espèrerai un retour ; en même temps, il faudrait que je sois sûre de la validité de cette personne que je paie, de ses qualités humaines, s'il n'est pas dérangé de son côté, profondément antipathique en dehors de sa profession, pour que ses retours me soulagent. Il faudrait donc que je puisse le considérer comme un ami, presque. Et son psy ce n'est pas son ami. Ce ne serait plus supportable. Il n'y a plus de possibilité de transfert sur le praticien, si on le considère en tant que personne et non pas en tant que praticien, psy, soignant. Or, je ne pourrai me libérer si je ne considère pas mon psy comme une personne à part entière, et je chercherai forcément à connaître qui il est, pour être sûre que je peux me livrer à lui sans problème. En toute confiance. Enfin, je me dis ça... je ne sais pas. J'ai eu un prof de psychanalyse qui était psy lui-même, et c'était un gros con. Il nous a raconté des cas qu'il a eu, j'ai pas trouvé ça terrible terrible, déontologiquement, enfin je sais pas... Il a plus ou moins essayé de s'attirer des clients à travers son cours... et il notait comme un pied, récompensant les pires quiches de ma classe avec des notes extraordinaires.
Ca me perturbe beaucoup, aussi, cette affaire de secret professionnel. Je me sentirai très mal, si je savais que mon psy racontait à toute une classe mon cas d'étude, même s'il ne me nomme pas, même si c'est pour avoir un cas d'étude. Je veux bien qu'on réfléchisse sur les cas étudiés par Freud : ils sont morts depuis longtemps. Là, le prof parlait d'un étudiant qui était venu le voir il n'y avait pas très longtemps et nous a livré des détails sur lui... ça m'a gênée, profondément. C'est terrible, après, on dérive, on pense : est-ce qu'un psy raconte la dernière anecdote croustillante à table, avec sa famille ? Est-ce qu'il discute avec ses copains psys des cas qu'ils ont eus et les comparent ? Bah, je délire. Peu importe, ces gens ne me connaitraient pas ; je dois être trop pudique.
Je me proclame cafarde. Pourquoi ? Référence à Oggy et les cafards. Je me sens bien cafard dans l'âme. Oggy aussi, remarquez. Ce gros chat avec son Ca qui copine avec les cafards sadiques, c'est tout moi ça. Beau masochisme. Je recommande cet épisode à tout le monde, où on voit Oggy et le petit diable rouge de lui-même matérialisant le côté obscur de sa force. Mais bon, cafard quand même : ça bouffe, ça enquiquine dès que ça peut, c'est un brin opportuniste (surtout Joey), c'est un peu taré... Ca me ressemble, ça, non ? La sonorité de ce mot, "cafard", me plaît beaucoup.01:25 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22.05.2006
"Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui." [Jonathan Swift]
Dans un cambriolage, ce n'est pas tant l'acte en lui-même - c'est-à-dire le vol des biens - qui perturbe toute une sphère jusque là bien confortable. Ce sont toutes ces petites conséquences perfides qui se répercutent sur le quotidien et enfoncent la moindre petite contrariété existente dans une bouse innommable.
Bref. Ouais, en ce moment, c'est pas top top la fête au village. Entre l'impression d'être traquée par ses voisins - parce qu'il semblerait que le mal vienne d'eux, trop de circonstances vicieuses le confirment - l'incompréhension de mes profs à l'égard du gros caca dans lequel ils me noient (c'est à se demander s'ils ne préfèreraient pas que je passe le rattrapage, alors que j'ai été jusque là somme toute studieuse, pour une étudiante fumiste) et la paranoïa aiguë qui me guette parfois, je flanche, je déraille, je frise la crise de nerfs.
Mais non, j'exagère.
Juste, là faut que je balance un bon coup, que je me purge - catharcis - histoire de me sentir un peu mieux, en forçant le trait, en dramatisant à mort, en théâtralisant de manière grotesque pour ensuite me dire : ok, maintenant, on va bosser comme une folle, ça va rouler, ça va briller, ça va clouer le bec à ces imbéciles dégénérés qui ont décidé d'emmerder le monde, et après je leur cracherai dessus du haut du sommet de la gloire en montrant à quel point ils sont des loosers et à quel point moi, je suis géniale, parce que j'arrive à m'en tirer même en étant dans une galère pas possible à cause d'eux.
Pffiou. Je suis fatiguée d'avance à avoir à faire tout ça.
Etre génial, on a beau dire, c'est super, mais c'est surtout très fatiguant. Quand on est médiocre, au moins, on a aucun effort à faire, et personne n'attend jamais rien de vous. On peut se prélasser dans la mélasse de sa condition sans problème.
Non, je sais bien que je raconte n'importe quoi. Je n'envierai jamais le con qui s'amuse parmi les cons, parce que les cons m'insupportent pas mal.
Allez. Je vais quand même essayer de lutter contre cette ligue qui ne s'attaque pas forcément au génie... ils s'unissent simplement contre tous ceux qui menacent leur confort de con. Quelque part, je les comprends. Ils pourraient juste avoir un brin d'empathie, ça m'arrangerait... mais non. Un con est un con.
19:05 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.05.2006
Fuck !
23:45 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.05.2006
Onomatopées
La vieillerie du jour !
Plic Ploc...
Les perles de pluie
S'égouttent sans bruit
Plic Ploc...
Le temps qui s'ennuie
Déchire la vie
Ploc Ploc...
La flaque d'eau
Solitaire, se noie
Clic Clac...
Une vie s'éteint
Un coeur qui se meurt
Crac...
Une âme qui se brise
Des vêtements en lambeaux
Flic Floc...
Un esprit souillé
Imbibé d'un lait impur
.... Un cri ....
Une voix qui crie au secours
Une existence sans amour
... Une larme ...
Le sang qui s'écoule
L'horreur qui en découle
Plic Ploc...
Les gouttes éblouies
Sur le cadavre sourient
Tic Tac...
Une montre qui s'arrête
Un espoir qu'on rejète
Tac Tac Tac...
Des balles atteignent leur cible
Un corps passé au crible
Et le silence....
Inexpliquable.
19:37 Publié dans Imaginer, c'est choisir. (Giono) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12.05.2006
Nouvelles de la nuit
- J'ai failli mourir emprisonnée dans une robe de chez Zara. Non mais, a-t-on pas idée de créer des beaux vêtements impossibles à mettre et à retirer ? Dans la cabine d'essayage, j'ai frisé la syncope. J'ai enfilé la robe, qui m'allait trop petite, en forçant un peu ; jugeant que bien qu'elle était très jolie, je ne pouvais pas la fermer et donc que ce n'était pas la peine, j'ai renoncé. Ce renoncement m'a coûté un quart d'heure de lutte acharnée avec un tissu définitivement trop serré et une fermeture éclair inutile pour me libérer. Ca m'a fait presque mal, à des moments, j'ai même entendu certains craquements...
C'est dommage, elle était vraiment jolie !
Et oui, comme quoi, des fois, j'ai trop rien à dire, mais je veux le dire quand même ! Vivent les blogs !
02:55 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10.05.2006
"euh." et "ben"
Alors voici "euh." :
C’est un mal capricieux
Latent et facétieux
Que l’indolence étonne
Âcre, houleux
Lâche et opaque
Succédané d’antan
Souvenir d’un présent
Etonnement d’instants
Si les séquelles éclatent
Alors,
Faut-il que je m’écarte
Du succès de la rancœur
S’épanche l’aigreur
Evaporée, indicible
Effective
Lascive, sournoise
Au milieu d’imparfaits
Satan s’étiole le sourire gai
Ange déchu, bonté divine
Sacrilège des jours passés
Couleur de la furie
C’est un grand trouble qui fascine
Qui s’estompe sur des miroirs nacrés
J’ai ce sentiment étrange, je dirai fiévreux, spontanément, mais cela ne convient pas. La fatigue me fait frissonner, raidit mes membres, compresse mes muscles. Et mes yeux, où pèse plus lourdement qu’ailleurs l’énergie perdue de la journée passée, ne savent plus bien où regarder, mais ont envie de se perdre. Où, on ne sait pas ; pourquoi, parce qu’un sentiment impérieux, ce latent qui ondule en moi, bouillonne parfois, s’étend toujours et souhaite se manifester, mais je ne sais pas sous quelle forme. Cette énergie que j’ai depuis longtemps cernée, dont je ne sais d’où elle vient, m’oblige toujours à arrêter toutes ces préoccupations ingrates qui pourraient prendre le dessus sur cette masse informe, grandissante en moi.
Elle m’est douloureuse et familière ; elle s’enroule autour de mon être comme une écharpe douce, mais brûlante, ou au contraire glacée. Elle veut me faire dire quelque chose mais je ne sais quoi. Pourquoi tant de mystère ? Nous nous connaissons bien, maintenant, mais il me semble que je suis incapable de déchiffrer son langage, ses mouvements, ses ambitions. Je la perçois, je tressaille, mais je reste muette, impuissante, face à son torrent d’émotion diffuse.
Et voici "ben" :
Dans ces eaux lascives j’ai tant voulu me perdre
La plume en bas ne sait que dire
Ode à cette fatigue qui m’étreint
A ces jours qui m’abîment
Lasse et dépassée, j’esquisse une trace
Du bout de l’ongle, sur une toile fripée
Quelque tournure élégante, quelque ombre moirée
Pénétrant l’œil, sabotant l’orgueil
La vrille de mes sucs s’éclipse
S’excite et se meurt lentement
Et le froid de mes astres dépêchés
S’exerce à quelque faribole effacée
23:40 Publié dans Imaginer, c'est choisir. (Giono) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
"Plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier, comme individus."
Bon, j'écris une note parce que je m'ennuie, fondamentalement. Norsken ne marche pas, Free, le Méphistophélès des Fournisseurs Internet n'est plus satisfait de ma pauvre âme que je lui ai vendue à bas prix. Franchement ! C'est du masochisme, après toutes les galères que j'ai eues avec eux, je suis toujours avec eux et je ne compte pas changer. Le monde est vraiment tombé bien bas.
Bouah bouah bouah il semblerait que j'écrive pas mal de n'importe quoi. Où en étais-je ? Où vais-je ? Qu'ouïs-je ? Qui je hante ? Non pardon, égarement, je reviens sur mes pas, je jette le Breton qui est venu s'incruster dans ma tête aux orties et je reviens à vous.
Soupir. Je n'arrive pas à bien gérer mes rapports avec autrui. C'est un fait. La gentillesse innée est tenace, chez moi, et me joue bien des tours. Du coup, je compense avec un cynisme parfois très effarant, souvent cinglant, amer, peu intéressant. Que doit-on partager avec ceux qui nous sont proches ? Je ne sais pas. Dans ma famille, j'ai l'impression d'être très éloignée d'eux, tous autant qu'ils sont. Je les aime, pourtant ; mais il y a mille barrières qui font qu'ils ne comprendront jamais bien ce qui m'anime, alors que moi si. C'est très présomptueux de dire ça, mais je suis presque sûre d'avoir juste : j'ai suffisamment été mise de côté pour avoir pu observer à loisir les dynamiques internes de ceux qui m'ont longtemps entourée.
Ils sont quand même assez étonnants. Ils ont tous une foi inébranlable en mon succès professionnel. Pour eux, ce n'est même pas histoire de dire "mais si, tu vas y arriver, on croit en toi", c'est une évidence comme une autre. Cela leur revient presque à penser : "elle aime bien le canard laqué" que de songer que je deviendrai une cinéaste dans quelques années et que j'aurai du succès avec mes films. C'est bien, il y a au moins eux qui y croient.
Oh, je ne suis pas défaitiste. Je suis simplement un peu fatiguée par autrui. Je me rends compte que j'ai du mal à aimer les gens pour de bon, parce que je suis un peu lâche et égoïste et avare de moi-même. J'ai aussi la fameuse tendance à chercher un double narcissique bêtement, impossible à trouver véritablement. Enfin, je pense que je suis un peu comme les créatures de Dostoïevski, dans le fond, et que je préserve leur émergence en me planquant derrière une construction élaborée d'une identité praticable, parce que sinon je serai aussi invivable et aussi autodestructrice que ses monstres à lui.
L'autopersuasion marche assez fort, chez moi. Par exemple, au collège, constatant que j'étais considérée comme "l'intello" de service, et que l'on me ressortait cette "insulte" à tout bout de champ, j'ai fini par jouer la carte de "la douée qui n'a même pas besoin de bosser pour avoir les notes d'une intello", trop excédée par ces petits monstres débiles qui pourrissaient mon estime de moi. Comme j'avais déjà mon petit orgueil, je ne pouvais me résoudre à adopter cette image en mentant, comme font beaucoup de gens : beaucoup prétendent qu'ils n'en fichent pas une alors qu'en vérité ils bossent beaucoup mais ne le disent pas, et ne veulent pas le montrer. Non non : quitte à jouer le jeu, autant y aller jusqu'au bout, sinon ça ne sert à rien. L'image n'est pas crédible si elle n'est pas entièrement assumée. Donc ! Je crois bien que c'est à partir de ce moment que j'ai fini par devenir paresseuse. Non pas qu'auparavant je bossais comme une tarée ; juste, je n'avais pas beaucoup d'efforts à fournir mais j'étais de bonne volonté. Au fil des années de collège, je suis devenue paresseuse tout en maintenant mon niveau - parce que sinon ça n'avait pas de sens non plus : je m'abaissais au niveau des autres et perdais le maigre prestige qui transpirait derrière l'insulte "intello". C'est fou, bref, jusqu'où la volonté, couplée à l'orgueil, peut vous emmener, et les effets "bénéfiques" qu'elle peut avoir. Depuis, je parviens toujours plus ou moins à plaire à mes professeurs et à amasser des bonnes notes sans en faire beaucoup, voire quasiment rien. En même temps, à la fac, c'est fastoche. Et je suis assez chanceuse aussi. J'ai acquis une certaine gloire en troisième grâce à ma construction identitaire basée sur l'orgueil et la volonté. J'ai fait la même chose pour ma technique de la "casse qui tue" : sujette à de nombreuses piques franchement lourdes et désagréables très tôt au collège, je me suis armée d'une répartie cinglante spontanée qui a fini par imposer le respect, voire l'estime, à ceux qui avaient osé prétendre m'atteindre pour de bon. Depuis, j'ai ce goût du sarcasme tranché, vif, net, précis, qui me donne un certain succès souvent.
Je suis dans une période où je me dis à la fois que tout est trop facile et trop compliqué. Le présent m'est très facile à gérer : la fac, ce n'est pas la panacée, j'ai une situation financière assez stable et agréable, je ne fais pas beaucoup d'efforts pour le moment dans ce que je fais. Concernant l'avenir, c'est nettement plus pesant : mon roman, par exemple... Je n'ai toujours pas terminé le 5ième chapitre, et j'en suis au tiers. J'ai l'impression que cela fait des mois que je dis ça. Ma carrière professionnelle... la Fémis est apparemment un truc où je devrai fournir un effort quasiment surhumain pour pouvoir espérer un jour y mettre les pieds. Ne parlons pas d'une éventuelle carrière cinématographique qui sera encore plus ardue et éprouvante. Je ne sais même plus ce que je veux faire finalement...
Au moins, pour l'écriture, c'est un truc que je peux faire quand je veux, et c'est un besoin presque viscéral pour moi. Tandis que filmer... Cela me paraît à la fois lointain et terriblement tentant. Si je pourrai vivre sans faire de film ? Je ne sais pas. Peut-être est-ce la question à se poser. Il faudrait que je me décide à prendre une caméra pour de bon, à m'y mettre en somme. Mon prof de montage est à fond sur ce que je peux faire... mais est-ce bien suffisant ? Il est tellement aisé de plaire à n'importe quelle personne venue, pourvu qu'on cerne un peu le genre de choses qui peut lui plaire. Par contre, faire de l'art, faire quelque chose de concret, d'intéressant, de crédible... L'on est plus exposé quand on fait un film qu'un livre. Au moins, le livre peut finir aux oubliettes sans avoir impliqué qui que ce soit. Dans un film bah... J'ai toujours ce problème d'orgueil. Et puis m'exposer vraiment...
C'est moi ou c'est un peu décousu ? Hum. Je ferai mieux d'attaquer mon bouquin plutôt que de bavasser de cette façon. Je vous laisse méditer sur une ultime question, que je me pose maintenant, et que Dostoïevski pose avec beaucoup de pertinence :
"Que vaut-il mieux pour nous ? Qu'on sache la vérité sur nous ou qu'on dise de nous des bêtises ?"
00:25 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
01.05.2006
Mes autres personnages
Milady Coulter sera évidemment la première à être évoquée, dans cette série de portraits. Elle est née en même temps que Norsken. J'ai conçu le forum et la directrice dans un même élan... Un peu comme si la direction donnerait l'élan général de l'école toute entière. C'est certainement un peu vrai. Le caractère mystérieux de la belle dame renforce le prestige de Tryllestarven (le nom du collège) et donne en même temps une certaine couleur aux lieux, une densité, une forme d'existence qui lui est propre. Si la directrice s'était avérée banale, l'école également. Là, comme elle est extraordinaire, fantasque, puissante mais dérangée... elle ne pouvait que mener l'école d'une manière unique. Détestée et adulée, fantasmée et crainte, elle dérive de deux figures inspiratrices, essentiellement, j'ai nommée Milady de Winter (celle des livres de Dumas, pas celle des navets à la con) et Marisa Coulter (la tordue dans A la Croisée des Mondes). Bien sûr, elle se nourrit également de moi. Enfin, d'un moi fantasmé. Je n'ai aucune idée de ce que peut être son passé. J'ai déjà écrit quelques vagues trucs à ce sujet, et songé à d'autres... J'écrirai certainement cela plus tard, quand je commencerai ma Comédie Humaine. En tout cas, comme le dit Pierre-François (personnage du forum) :
"La femme a naturellement l'instinct de mystère", disait Chateaubriand. Ce mot, qui s'appliquait plus à Milady qu'à n'importe quelle autre créature sur Terre, ravissait Pierre-François : à ses yeux, il mettait avant tout le doigt sur le degré d'authenticité de la jeune femme, que la plupart des gens devaient prendre pour une vile trompeuse ordinaire, magicienne des apparences, de la surface, et de la vitrine. Mais son amie, selon son humble idée, était bien plus que cela : le mystère était son essence même, sa nature, son génie, et non une stupide protection superficielle dissimulant un fond pur et limpide.
Je trouve qu'il a bien résumé ! :) (Merci à toi, Joe !)
Syn Morphius est le seul personnage qui sera à jamais impossible à réutiliser un jour dans mes écrits. En tout cas pas sous cette forme ! Comme il est l'avatar du Lestat d'Anne Rice... Il est né à cette période où j'étais littéralement fanatique du monsieur (et à dire vrai, je le suis encore). Flamboyant, charismatique, impétueux, fantasque, sournois, éblouissant, pathétique, exquis, charmant... Les mots me manquent ! Oh, ça me rappelle que je n'ai pas lu le dernier tome de Rice. Faut dire que de toute façon, j'aime surtout le Lestat à son apogée, c'est-à-dire dans Entretien, Lestat le Vampire, La Reine des Damnés, Le Voleur de Corps. Après... Bref, je reviens à Syn.J'avoue mieux le jouer depuis le renouveau de Norsken. Par le passé, je me suis pas mal égarée dans délires poético-lyriques, et du coup... Bon, y'avait du pas trop mal et du assez mauvais. Aujourd'hui j'insiste beaucoup sur le côté séducteur dérangé, fantasque maniaque, rebelle impétueux, cynique hilarant. En fait, il est facilement caricaturable, aujourd'hui, mais ne perd pas en crédibilité pour autant, et c'est ce qui me plaît. Il est moins infaillible, tout en restant plein de cette énergie délirante qui m'amuse follement.
Maurice ah Maurice ! Délire impossible né au début du forum. Voulant faire un personnage qui serait guide à part entière (et éviter ainsi que Syn fasse tout), j'ai créé Maurice. Un double de Mushu, interprété à ma façon. Orgueil démesuré, esprit pragmatique à l'outrance, tempérament de PDG des grands jours, taille ridicule qui le rend d'autant plus drôle. C'est un sacré personnage. En ce moment je le joue moins... faut dire que je cumule. Mais il reste bien ancré dans mon esprit et c'est toujours un régal d'imaginer ses aventures farfelues.
Hemma Mykland est la dernière née de mes folles pérégrinations jeuderôlistiques. J'ai lentement nourri ce personnage... en songeant que mes étudiants étaient sympas. Je voulais une Reven (manipulatrice, ambitieuse, n'ayant pas forcément un bon fond) dans mon palmarès. Hésitant entre un petit Jude Law et une Scarlett Johansson, j'ai finalement fait la blonde, parce que Joe préférait évidemment une conquête potentielle à un éventuel rival. J'aime beaucoup ce personnage - alors que je l'ai peu joué - et je suis assez consciente qu'il sera loin de faire l'unanimité, dans ma communauté de gais lurons gentils et pas fourbes pour un sou. Son profil peut paraître un peu caricatural, mais j'ai beaucoup soigné son profil et ai l'impression de la connaître parfaitement. La jouer n'est pas toujours aisé et il me faut beaucoup développer pour lui faire gagner en densité ; toujours est-il qu'elle me ressemble assez, finalement. J'ai nombre de ses attitudes cyniques, et si je n'adhère pas systématiquement aux théories que je lui prête, elle conserve quand même beaucoup de moi... dans son rapport à autrui. Au détail près que sa condition sociale accentue ses comportements.
Elle est extrêmement faible, et sa jeunesse, son inexpérience transpirent, malgré tous les travers qu'elle a acquis jusqu'à ce jour, et qui pourraient la faire paraître comme étant déjà une "vieille aigrie". Au contraire. Bref. Il me tarde de la jouer encore plus ! Je mets beaucoup d'espoirs sur elle.
Voilà ! Je crois que je vais m'arrêter là. Je crois que j'ai fait le tour et bon, comme Yann Bergamote n'est pas un vrai personnage et que Skog est un Esprit... Bref ! Voilà les quelques fausses âmes qui ponctuent mon quotidien virtuel.
23:08 Publié dans Multi-personnagisme compulsif | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

