« "Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui." [Jonathan Swift] | Page d'accueil | Le quizz du cinéphile »

28.05.2006

Cafarde

Je ne sais pas si cela arrive souvent aux autres, mais à moi cela m'arrive très souvent : un mot traîne dans ma tête sans aucune raison apparente. Ainsi, cela fait un bout de temps que le mot "Schnaps" me revient comme ça, l'air de rien, quand je ne pense pas à grand chose. J'aime sa sonorité, courte, un peu mousseuse. Jamais bu de cette chose-là, il faudrait peut-être que je goûte.

Souvent donc des mots qui traînent dans ma tête. Parfois des bouts de phrase. Du coup je les case dès que je peux à la première occasion. Les dérèglements de mon cerveau m'échappent parfois. Il faut dire que Schnaps me fait aussi penser à Schnapi le crocodile, à la chanson, tout ça... les associations libres hein, j'irai pas jusqu'au bout, je ferai ça avec mon psy.

En fait, je ne vois pas de psy. Je me demande souvent si je ne devrai pas. Tantôt je me dis : oui, l'expérience pourrait être intéressante. Apaisante. Il y a parfois des trucs que je ne peux dire à personne. Même pas à ceux qui me sont proches. Surtout pas à ceux qui me sont proches. Des pensées fugaces, violentes, parfois impossibles à exprimer même. Souvent je tape donc, ça donne des baragouinages bizarres qui dorment dans des docs words. Ou des ramassis de lyrisme gluant assez indigestes. Vaut mieux que je garde ça pour moi, donc.

Je suis terrifiée, je crois, par le système de la cure psychanalytique. C'est vrai : le psy ne dit rien. Du moins, il est censé ne rien dire. C'est terrible ça. En même temps, s'il l'ouvrait, est-ce qu'il ne finirait pas par dire des conneries ? Ne connaissant rien de moi d'abord, se permettant de répondre à mes questions avec assurance ? Ou s'il n'avait pas d'assurance en me répondant, et me disais "je ne sais pas..." Comment, un psy qui ne sait pas ? Mince !

Je suis trop tarée pour aller voir un psy, je crois, ahahah. Parce que dans tous les cas, je me dis que ça ne va pas. En me libérant, j'espèrerai un retour ; en même temps, il faudrait que je sois sûre de la validité de cette personne que je paie, de ses qualités humaines, s'il n'est pas dérangé de son côté, profondément antipathique en dehors de sa profession, pour que ses retours me soulagent. Il faudrait donc que je puisse le considérer comme un ami, presque. Et son psy ce n'est pas son ami. Ce ne serait plus supportable. Il n'y a plus de possibilité de transfert sur le praticien, si on le considère en tant que personne et non pas en tant que praticien, psy, soignant. Or, je ne pourrai me libérer si je ne considère pas mon psy comme une personne à part entière, et je chercherai forcément à connaître qui il est, pour être sûre que je peux me livrer à lui sans problème. En toute confiance. Enfin, je me dis ça... je ne sais pas. J'ai eu un prof de psychanalyse qui était psy lui-même, et c'était un gros con. Il nous a raconté des cas qu'il a eu, j'ai pas trouvé ça terrible terrible, déontologiquement, enfin je sais pas... Il a plus ou moins essayé de s'attirer des clients à travers son cours... et il notait comme un pied, récompensant les pires quiches de ma classe avec des notes extraordinaires.

Ca me perturbe beaucoup, aussi, cette affaire de secret professionnel. Je me sentirai très mal, si je savais que mon psy racontait à toute une classe mon cas d'étude, même s'il ne me nomme pas, même si c'est pour avoir un cas d'étude. Je veux bien qu'on réfléchisse sur les cas étudiés par Freud : ils sont morts depuis longtemps. Là, le prof parlait d'un étudiant qui était venu le voir il n'y avait pas très longtemps et nous a livré des détails sur lui... ça m'a gênée, profondément. C'est terrible, après, on dérive, on pense : est-ce qu'un psy raconte la dernière anecdote croustillante à table, avec sa famille ? Est-ce qu'il discute avec ses copains psys des cas qu'ils ont eus et les comparent ? Bah, je délire. Peu importe, ces gens ne me connaitraient pas ; je dois être trop pudique.

Je me proclame cafarde. Pourquoi ? Référence à Oggy et les cafards. Je me sens bien cafard dans l'âme. Oggy aussi, remarquez. Ce gros chat avec son Ca qui copine avec les cafards sadiques, c'est tout moi ça. Beau masochisme. Je recommande cet épisode à tout le monde, où on voit Oggy et le petit diable rouge de lui-même matérialisant le côté obscur de sa force. Mais bon, cafard quand même : ça bouffe, ça enquiquine dès que ça peut, c'est un brin opportuniste (surtout Joey), c'est un peu taré... Ca me ressemble, ça, non ? La sonorité de ce mot, "cafard", me plaît beaucoup.

01:25 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

Commentaires

Tiens, cafard? C'est donc toi qui t'es insinuée dans mon rêve il y a quelque temps... Quant à ton prof de psychanalyse, je confirme, bofbof de tout déplier devant tout le monde, enfin, les pires restent les psychologues (...)
Un bisou en passant :D

Ecrit par : Marion | 29.05.2006

Haha peut-être ! :D Bien malgré moi alors. C'est vrai, les psychologues sont encore moins fréquentables... :p
Bisou également ! :D

Ecrit par : Milou | 29.05.2006

Bonjour^^

Je viens faire un petit tour par ici pour saluer Milady, et la remercier d'être passée sur mon blog^^ Ca fait plaisir de rencontrer une soeur de lecture Mousquetairienne^^

J'ai lu ton article... je pense que je ne te connaît pas assez ( pas du tout même ^^;;;; ) pour me permettre de te donner un conseil constructif pour toi... Mais sache en tout cas que les coups de cafards, ça arrive, qu'on est tous un peu cinglés ( moi la 1e ;-) ), et que ce n'est pas une tare, bien au contraire^^

Bienheureux les félés, car ils laissent passer la lumière, comme dirait une amie, lol^^

Je te tire mon feutre,

Andromède

Ecrit par : Andromède | 29.05.2006

Coucou ! :D

Merci d'être passée ! :)
T'en fais pas, pour moi, être cinglée, c'est presque un choix de vie ! :D

Ton amie a fait là une belle citation !

Je te tire mon feutre également ! ;)

Ecrit par : Milou | 29.05.2006