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10.05.2006
"euh." et "ben"
Alors voici "euh." :
C’est un mal capricieux
Latent et facétieux
Que l’indolence étonne
Âcre, houleux
Lâche et opaque
Succédané d’antan
Souvenir d’un présent
Etonnement d’instants
Si les séquelles éclatent
Alors,
Faut-il que je m’écarte
Du succès de la rancœur
S’épanche l’aigreur
Evaporée, indicible
Effective
Lascive, sournoise
Au milieu d’imparfaits
Satan s’étiole le sourire gai
Ange déchu, bonté divine
Sacrilège des jours passés
Couleur de la furie
C’est un grand trouble qui fascine
Qui s’estompe sur des miroirs nacrés
J’ai ce sentiment étrange, je dirai fiévreux, spontanément, mais cela ne convient pas. La fatigue me fait frissonner, raidit mes membres, compresse mes muscles. Et mes yeux, où pèse plus lourdement qu’ailleurs l’énergie perdue de la journée passée, ne savent plus bien où regarder, mais ont envie de se perdre. Où, on ne sait pas ; pourquoi, parce qu’un sentiment impérieux, ce latent qui ondule en moi, bouillonne parfois, s’étend toujours et souhaite se manifester, mais je ne sais pas sous quelle forme. Cette énergie que j’ai depuis longtemps cernée, dont je ne sais d’où elle vient, m’oblige toujours à arrêter toutes ces préoccupations ingrates qui pourraient prendre le dessus sur cette masse informe, grandissante en moi.
Elle m’est douloureuse et familière ; elle s’enroule autour de mon être comme une écharpe douce, mais brûlante, ou au contraire glacée. Elle veut me faire dire quelque chose mais je ne sais quoi. Pourquoi tant de mystère ? Nous nous connaissons bien, maintenant, mais il me semble que je suis incapable de déchiffrer son langage, ses mouvements, ses ambitions. Je la perçois, je tressaille, mais je reste muette, impuissante, face à son torrent d’émotion diffuse.
Et voici "ben" :
Dans ces eaux lascives j’ai tant voulu me perdre
La plume en bas ne sait que dire
Ode à cette fatigue qui m’étreint
A ces jours qui m’abîment
Lasse et dépassée, j’esquisse une trace
Du bout de l’ongle, sur une toile fripée
Quelque tournure élégante, quelque ombre moirée
Pénétrant l’œil, sabotant l’orgueil
La vrille de mes sucs s’éclipse
S’excite et se meurt lentement
Et le froid de mes astres dépêchés
S’exerce à quelque faribole effacée
23:40 Publié dans Imaginer, c'est choisir. (Giono) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Je crois que le seul commentaire que je pourrais laisser ici serait "euh" et "ben". Car "j'aime beaucoup" me paraît un peu trop faible et "tu es un génie" un peu trop fort... Je crois que ces "euh" et "ben" constituent un juste intermédiaire.
Ecrit par : Ano | 11.05.2006
Hum... (:D)
Ben euh... à vrai dire j'ai du mal à comprendre cette "ode" à ta fatigue... Moi elle m'inquiète, j'en suis à oublier mon code de carte bleue, c'est un peu inquiétant...
Ca ne remet pas en cause le fait que j'aime ces poésies mais peut expliquer que je préférais la précédente.
Ecrit par : touille | 11.05.2006
Ano : Merci beaucoup ! J'accepte tes "euh" et "ben" avec beaucoup de plaisir ;).
touille : (:D) Merci beaucoup ! Oh, je crois que j'ai dis "ode" un peu par réflexe... Non, en fait, je ne sais pas bien ce que j'ai voulu dire moi-même.
*Va finir maboule*
Non enfin je suppose que la fatigue a ses avantages, malgré tout.
Ecrit par : Milou | 11.05.2006

