25.04.2006
You can call me a mook !
J'ai passé une soirée... grandiose. Il faut que je vous raconte ça !
Avant toute chose : êtes-vous déjà allés à Pizza Hut ? Mais si, vous savez bien, ce "restaurant" qui inonde les métros de pubs immondes à propos de ce qu'ils appellent des "pizzas". J'ai eu l'immense honneur de dîner dans cette cantine de luxe, après une série de circonstances que je développerai un peu plus tard. Parlons d'abord de ce repas, qui fut haut en couleurs.
J'étais avec Joe et Pik (j'utilise des surnoms pour ne pas les entraîner publiquement dans la boue avec moi) sous une pluie battante ; nous hésitions longuement entre une virée Mac Do (nous avions déjà déjeuné de ces formidables mets américains à midi, je précise) et une sortie à Pizza Hut (parce qu'ils étaient tous deux près du cinéma et, a priori, d'égale valeur - pas trop chers en somme dans un quartier plutôt luxe). Après quelques tergiversations subtiles, nous débarquons comme des princes que nous étions au paradis de la pâte plate recouverte de tomate où une décoration du plus bon goût (affiches immondes, vagues reproductions monstrueuses d'un décor de ville américaine) éblouit nos regards embrumés. Un hôte, au lieu de proposer de prendre nos manteaux et de fumer quelque cigare de la Havane, nous indique un petit banc modeste où « patienter » en attendant… on ne savait quoi... étant donné que la salle comportait de nombreuses places pouvant accueillir nos modestes corps humides et fatigués.
Après s’être faits habilement doublés par un groupe qui, plus audacieux et moins humble que nos charmantes personnes, s’était avancé directement vers une serveuse pour pouvoir s’asseoir à une table, nous parvenons enfin – non sans avoir hésité à quitter le restaurant parce que l’heure du film commençait à se rapprocher dangereusement – à nous installer. Nos ventres affamés ne sourcillent guère devant les prix ; pensant seulement à restaurer nos panses vides, nous débattons sur la qualité des menus servis, sur la rentabilité du choix.
Finalement nous commandons, après avoir abandonné le plan cinéma (il était trop tard, malheureusement) ; puis nous réfléchissons enfin à nos bourses, et nous concluons que, tout de même, on se faisait vachement entuber sur la marchandise, et que c’était aussi cher qu’au Bistro Romain ou dans quelque pizzeria de bon goût. Résignés, exténués, mouillés, nous recevons en premier lieu nos boissons. Là, j’exécute un formidable geste qui m’inscrira à tout jamais dans le « Guide des conneries les plus idiotes à faire à table » : constatant qu’on me donna deux verres, un rempli d’Ice Tea, l’autre vide, j’entreprends de verser un peu d’Ice Tea dans le verre vide. Pourquoi ? Je ne sais pas, dérapage de cerveau. Joe demande : « Ca sert à quoi ce deuxième verre ? » et, chose improbable, je réponds du tac-o-tac : « Pour boire de l’eau, à côté de ta boisson. » Alors que je venais de verser de l’Ice Tea dans ce verre ! Je me demande des fois ce qui se passe dans ma tête. En plus j’en avais mis partout.
Bref. Nous partageons quelques instants de marrade à cause de cet acte de bravoure on ne peut plus savoureux, avant de patienter quelques instants (comme sur une hotline, c’est-à-dire : un bon quart d’heure) pour avoir un assortiment de pains à l’ail. Bon, ces trucs-là, c’était pas mal, faut dire. Le seul truc qui n’avait pas l’air biochimiquement modifié. Pik n’a pas arrêté de faire tomber son pain des mains, pour des raisons obscures, c’était assez spectaculaire.
Viennent ensuite les pizzas. Bon, vous savez bien comment ça se passe : sur le moment, on ne pense pas forcément à la dégueulasserie de la marchandise, surtout quand on partage des discussions hautement spirituelles (les derniers résultats du foot, comment décrire un bon postérieur sur un RPG, la valeur attractive des minijupes sur les filles, et le fait que la serveuse – par exemple – ne soit pas extrêmement attirante même si elle porte ce micro bout de tissu moulant) et qu’on assiste à des spectacles dépassant l’entendement (genre, un couple qui se fait photographier dans le Pizza Hut, en souvenir de la soirée… et plein d’autres couples qui dînent romantiquement dans ces lieux de perdition gastronomique).
Fin du plat de résistance (qui à présent fait encore appel à nos plus grandes facultés de résistance gastrique). Dialogue :
- Purée, ça fait déjà une heure qu’on est là !
- Une heure de trop. (Moi et mes phrases, mon ton sérieux, mon poil brillant, mon corps robuste, mon œil vif… mouais !)
Poursuivant l’esprit d’autodestruction qui me possédait jusque là, je commande un café liégeois pour le dessert. Je l’avale je ne sais pas trop comment ; il y avait d’ailleurs plus de coulis que de glace, ou à dose équivalente, et c’était franchement écoeurant. Joe s’annonce le premier : « Putain, j’ai envie de dégueuler. » Moi, attardée : « Tu voudrais pas finir mon café liégeois ? » (Je ne pensais même pas à mal en disant cela !)
Je déclare mon envie d’aller aux toilettes ; Joe ne supportant plus l’ambiance du resto, il se lève, et jette ses sunglasses d’un geste élégant sur la chaise d’une table voisine. Bon, évidemment, ce n’était pas volontaire. Je pars aux waters (cette expression est moche), et je rencontre en arrivant un goth, et en sortant une goth. « Les Goths aux chiottes ! » s’exclame mes neurones hilarants (hum) de concert. Je me demande quand même ce qu’ils trafiquaient dans le coin. Peut-être la tomate leur apparaît-elle vampirique, et la décadence du lieu hautement symbolique. Je ne sais pas, j’ai beau avoir un blog à tendance satanique, je ne suis pas… goth.
En sortant, la pizza descend dans nos pauvres estomacs chétifs. Là, concerto de « je me sens pas bien », « ce truc pèse une tonne dans mon estomac », « non mais, en fait, c’était franchement dégueulasse non ? », et autres aphorismes des plus croustillants. Dans le métro : évidemment, ça ne pouvait pas sentir la rose, non, ou quelque délicate fragrance pouvant apaiser nos digestions tourmentées. Evidemment, quelqu’un avait eu la bonne idée de marcher dans le caca, ou pire encore. Bref ! Ce fut une aventure gastronomiquement périlleuse… mais sympathique à raconter.
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23.04.2006
Jerk off
Voilà, j'ai finalement trouvé comment sortir du carcan des présentations toutes faites pour avoir mes propres couleurs, mes propres images... Retour au flamboyant, mes amis ! Du bruit et de la fureur !
(Je vous apprends l'art de fuir vos travaux universitaires inutiles en vous occupant inutilement. Bonsoir !)
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20.04.2006
Back.
Je suis donc de retour "chez moi", si tant est que je puisse l'appeler ainsi. Je devrai dire "chez nous" en vérité puisque je ne suis pas seule dans ce bel appartement (enfin, présentement si, mais c'est temporaire). Bref. Tout ceci ne sont que des détails de langages superficiels. Revenons-en au fait.
Tout a commencé ce matin, vers 10h ; réveil, brossage de dents, petit déjeuner. Une bouteille de jus d'orange Joker avalée, un petit croissant ainsi qu'un chausson aux pommes de la veille engloutis, mes affaires apprêtées, je partais. Je quittais la belle contrée, aux couleurs ambrées, qui a accueilli ma modeste personne durant deux semaines, des sous plein les poches. Au moins ces semaines furent fructueuses de ce côté-là ; et même si maintenant je reviens sur internet comme une droguée qui a été sevrée un peu trop longtemps et se sent submergée par la dose qui l'attend, je me satisfais beaucoup du pactole que j'ai pu amasser grâce à quelques sourires et quelques blagounettes bien trouvées lancées à des personnes Anglaises, ou vieilles, ou les deux.
J'ai joint le premier train, et ai savouré les joies du TER Aquitaine, version neuve. J'aime beaucoup ces trains-là ! Il y a des places qui permettent d'avoir une fenêtre non pas sur son côté, mais en face de soi... ainsi, on regarde le paysage comme dans un écran, et on voit même le reflet de la fenêtre qui se trouve derrière soi... j'ai toujours aimé les jeux de réverbération.
Ensuite, place au TGV flambant neuf, designé par l'autre imbécile de couturier. Au programme : du violet, des équipements étranges, pas toujours fonctionnels, du orange de temps à autre, et le wagon-bar à l'autre bout du train (pourquoi faut-il que je sois toujours en queue de train ???) Bref. Dans un premier temps j'ai savouré : j'étais dans un espace pour quatre personnes... seule. Ah ! Douce joie d'avoir de la place pour étendre ses jambes ! Mais, passé la première gare où nous nous sommes arrêtés, ce fut le début du calvaire : des gosses ! Diable, pourquoi est-ce qu'on ne foure pas les gamins dans un wagon séparé, ça me dépasse. Enfin là, c'était un peu rude : il y avait des gamins partout. J'ai été tentée de changer de place, plutôt que de coltiner le petit frère et la soeur qui n'arrêtent pas de sautiller et de me déranger dans ma lecture de Proust ; mais en parcourant les wagons pour m'acheter des Skittles, horreur, damnation, infâmie, il y avait des enfants... partout. Invasion radicale.
Oh, j'aime beaucoup les enfants, faut pas croire ; mais pas dans un train. Dans un train c'est vraiment trop. A croire que les transports nous rendent particulièrement misanthropes... Enfin, je pense qu'il est facile d'être humaniste, altruiste, quand on reste chez soi. On n'a pas en face de soi le ridicule des individualités affligeantes qui peuplent le monde. Il est facile d'avoir des idéaux, d'aimer les gens "en général" quand on ne se confronte pas à la réalité des personnes.
Bref, mon casque sur les oreilles, une attitude somme toute très "Hemma Mykland" (un de mes personnages de JDR, je vous en parlerai un de ces quatre, bientôt sûrement) durant ces trois heures et demie interminables... je me suis vengée sur ces pauvres Skittles que j'avais achetés. Je me suis rendue compte de la tragédie de mon existence, d'ailleurs, en les consommant : songeant que mes préférés étaient les violets (à la myrtille ou à la mûre, ou au cassis, un fruit dans ce goût-là), j'ai essayé de grapiller ceux que j'aimais le moins d'abord, histoire de garder les meilleurs pour la fin. Me rendant compte au bout d'un temps que j'étais écoeurée par ceux que je n'aimais pas plus que ça, j'ai dévoré les violets ; une fois ceci fait, j'ai contemplé le fond de mon paquet avec un désintérêt, et une petite culpabilité, comprenant que je ne les finirai pas. Sentant ma détresse atteindre son paroxysme, j'ai voulu sortir mon portable de ma poche histoire de crier mon désarroi à quelqu'un que je connaissais... mais je ne captais pas. Ô miséricorde ! Ce fut ma tragédie du jour.
Le voyage prit fin, au bout de longues heures de pensées macabres sur le genre humain, et autres divagations de mon genre (Norsken, la vie, l'argent, le passé, l'avenir, l'horreur du présent). Après ce fameux passage du tunnel (interminable, fourrant deux épais bouchons d'air dans mes pauvres tympans apeurés), me voici gare Montparnasse... Paris. Ô Paris ! Comment ai-je pu survivre deux semaines loin de toi !
Deux semaines sans l'odeur de tabac froid sur ton quai de gare ; l'urine de chien dessinant des spirales acrobatiques sur le bitume gris ; les gens, foule de gens, des têtes de crétin, des tronches de cake, bouffis, affaiblis, bougons, joyeux, jeunes, vieux ; le ciel lourd, épais, qui se déchire de temps à autre comme à contre-coeur pour laisser passer une de ces flammes ardentes du jour déclinant ; le métro, ah le métro ! Il y aurait tellement à dire sur le métro parisien, je n'apprends rien à personne, je crois. Les rames de métro sont les poumons de la ville... et qu'on ne me dise pas que Paris est une ville grise, en les connaissant ! Parce que les chefs d'oeuvre publicitaires, aux couleurs bariolées, chaotiques, exhubérantes, ont de quoi faire pâlir. Comment ai-je pu me passer de ces affiches ? De ces annonces criardes, agressives, purulentes ? De ces affiches de film atteignant le summum du mauvais goût ? (Non mais, ce truc là, V pour Vendetta, c'est ridicule : pour qui se prennent-ils, les frères bidule, pour Orwell ? Leurs faux slogans totalitaires sont grotesques, et le gros V est un tag digne des petites frappes de banlieue âgées de 13 ans. Franchement ! Il faut arrêter de se croire révolutionaire, tout cela parce qu'on régurgite ce qu'on a pu vaguement lire en un film avec beaucoup de sous.)
Ah, mais le métro, c'est aussi les joies du métro aérien ; l'on voit la ville défiler comme lorsqu'on feuillète un recueil de poèmes, une anthologie des jours passés. Lorsque le train s'arrête à une station, c'est comme si l'on prend sa respiration avant de poursuivre la découverte ; et lorsque le train repart, on se retrouve à nouveau à faire virevolter les pages de la ville entre ses doigts, en s'émerveillant de tel détail insignifiant mais plaisant, de tel mot comme de tel éclat sur une fenêtre éclairée, ou en maugréant contre la tristesse morne des rues goudronnées, aussi arides que certains faciès qui y voyagent.
Ah Paris ! Elle est urbainement champêtre, grossièrement charmante ; passablement raffinée, tranchée, exquise, fatiguée, indifférente. J'aime ça, cette indifférence-là, précisément ! La seule que je supporte. J'aime pouvoir me perdre au milieu des gens et faire la tronche si je veux, d'abord. Je ne vois pas pourquoi l'on a inventé cette obligation de bonne humeur, de sourire, à chaque minute de sa vie, sinon l'on paraît rabat-joie, bougon, aigri pour le restant de ses jours. Eh quoi ! A croire que l'on doit toujours remuer ses zygomatiques pour signifier son existence et sa "joie de vivre" à autrui. Non ! Fatiguée d'avoir souri pendant quinze jours à des abrutis congénitaux, je revendique mon droit à grimacer, à adopter une mine renfrognée si ça me chante, dans le métro. Et Paris me permet de m'y donner à coeur joie ; parce que tout le monde n'est pas heureux, et que tout le monde se fout plus ou moins de son voisin, on reste au chaud au creux de ses pensées, les mains les poches, les sourires dans le coeur. Il n'y aura personne pour vous dire "ben, pourquoi tu fais la gueule ?" alors que dans cette petite cité dans laquelle je me suis enterrée quinze jours, il suffisait d'une légère ombre sur mes joues, d'une faiblesse aux coins de mes lèvres pour qu'on me la reproche aussitôt. Bigre ! J'aime pas les petites bourgades : les gens se sentent obligés de tous se rencontrer, de tous se fréquenter, à défaut de s'apprécier, et de tous se jauger, à défaut de se connaître vraiment.
Vive l'anonymat, l'indifférence de la grande ville ! Je préfère de loin les sourires bétonnés aux mièvres démonstrations rupestres des promeneurs des petites villes, qui se sentent obligés de montrer qu'ils existent parce qu'ils sont peu nombreux. Ici ça grouille, ça bouillonne, ça culbute, ça bouscule, ça résonne ; peu importe ! Chacun pour soi, la ville pour tous !
Hum. Je m'égare. Proust a une mauvaise influence sur mes élucubrations virtuelles. En plus j'ai une tonne de choses à faire, au lieu de cette note... Peut-être vais-je conclure maintenant, sur cette simple phrase, toute simple, toute bête, mais qui résume tout ce que je viens de dire :
"Je suis rentrée, et je suis fatiguée, mais ça va !"
20:05 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
09.04.2006
Les mille et une aventure d’une Parisienne égarée dans la contrée de Cyrano
Que je vous explique le pourquoi du comment : je suis actuellement réquisitionnée pour exercer une profession ô combien charmante et savoureuse, à savoir celui de serveuse dans un restaurant asiatique. Cela me permet, à chaque fois que je porte des assiettes et des verres, de me rendre compte de la diversité humaine et de sa démence profonde.
Bon, ce constat étant fait, nous pouvons nous attaquer au cœur du sujet : cette belle nuitée, qui fut si riche en couleurs que je ne puis m’empêcher de vous relater quelques faits qui m’ont donné toute la soirée l’allure d’une pochtronne distinguée.
Tout commence à 19h. Vous savez bien, l’heure où certains estomacs commencent à s’affoler et à réclamer leur dose de canard laqué grillé à la sauce aux champignons parfumés (mouhahahah). La soirée commence comme une autre : quelques clients débarquent, quelques plats à emporter à régler, rien de bien bien palpitant.
20h : salle pleine. Je ne sais pas combien de personnes rentrent à cinq minutes d’intervales prendre l’assaut notre modeste établissement pour réclamer monts et merveilles. Mais, jusqu’ici, à part la fatigue, le déconnectage de cerveau (parce qu’à un moment donné, on ne parvient plus à penser qu’avec des chiffres et des noms de plats) et les petites foulées souriantes, rien de bien exceptionnel.
21h : salle archi-pleine. On commence à refuser des gens. Je commence à dérailler et à mal gérer ma salle, en filant des tables aux mauvaises personnes, ce genre de choses. Premier verre cassé aussi de la soirée, youhou !
21h30 : là, le grand évènement de la soirée. Un appel : « on voudrait venir à 16, ce serait possible ? » Moi, au bord de la syncope « euh ben heu je… c’est-à-dire que vous voyez on est un peu complets et… » Réponse de l’intéressée : « ah mais on peut attendre ! » Je demande en cuisine. « Oui mais ils seront pas tous côte à côte ! » Je transmets, on me dit : « ah mais non non je veux qu’on soit tous côte à côte ». Je déclare, très diplomatiquement : « Venez dans une heure et on s’arrangera… » pensant que la personne qui me parlait aurait deux sous de bon sens en constatant la chose. (La salle n’a qu’une trentaine de places, je précise.)
Mais non. Ce que j’ai occulté sur le coup, c’est l’éventualité que cette personne puisse être l’un des nos clients les plus beaufs et les plus lourds, je crois. Clients réguliers qui sont toujours là à faire ch*** le monde (ce n’est pas élégant, mais c’est bien l’expression), râlant pour des motifs totalement ridicules en général, même s’ils mangent et paient grassement. Bref, tout un sens de la vie que cela vous apprend, d’être serveuse…
22h : arrivée de clients assez… disons, surréalistes. Enfin surtout un : un tatoueur vraiment… franchement, si je m’attendais à trouver ça dans ce trou perdu !
22h30 : Arrivée des boulets en chef. D’abord ils attendent ; après, constatant que même la salle moitié pleine, même en faisant deux grandes tablées assez longues ils ne sont guère contents, ma sœur les vire plus ou moins. Ceux-ci s’en vont avec la délicatesse qui leur est coutumière (et vas-y que ça mouline et que ça ronchonne, et que ça titube parce que ça a déjà sifflé un bon apéro avant de débarquer comme des fleurs pas fraîches dans le premier resto à torturer). Première intervention du tatoueur, qui lâche au passage des beaufs qui se cassent : « Vous savez, nous, en tant que clients, nous ne sommes pas du tout fâchés que vous ne restiez pas. », quelque chose de ce goût-là (!) bref un truc de fous.
Dans le même temps : le tatoueur s’extasie devant une soupe de ma mère, qu’il décrit comme n’étant « non pas une soupe, mais un chef-d’œuvre, un poème ! » avec quelques envolées lyriques du plus bon goût. A noter que le mec a pris du champagne pour son apéritif, et a recommandé une autre grande bouteille pour le repas. (La soupe est délicieuse, s’il est nécessaire de le préciser !)
Ce tatoueur offre par la suite à tout le personnel une coupe de champagne, d’ailleurs – je ne me suis donc pas privée, vous pensez ! La minute d’avant, après le départ des supers-lourds, je m’étais justement dit : « bon, j’ai besoin d’un remontant là. » Comme quoi il suffit d’espérer !
Le tatoueur a ensuite prononcé des phrases qui mériteraient de finir dans un jumelé des meilleures citations prononcées en resto. A propos des beaufs : « non mais ces mecs-là, c’est pas la peine, c’est du genre à venir chez moi et à poireauter pour se faire tatouer un dauphin », enchaînant ensuite « ça vaut pas la peine, ces clients ils râlent pendant tout le repas et chient sur le restaurant même en sortant » (ah, la clairvoyance du mec, je vous jure !) Et puis, déclaration de fin de soirée : « Votre cuisine, madame, c’est comme le vent sur la montagne, les fleurs de cerisier le jour de… le… le » (et oui, saké et champagne, ça ne pardonne pas).
Bref, le tatoueur et ses potes ont mangé pour 170 euros… pas mal non ? Le mec était un siphonné totalement lyrique et barré à cause de l’alcool, bref, c’était assez « folklorique » si je puis dire. Des jeunes gens à une table, somme toute « normaux », devaient se demander où ils se trouvaient (ils sont arrivés juste avant la confrontation beaufs – sœur enragée – surréalistes libérés) mais ont quand même apprécié leur dîner, et à une autre table, une petite famille, qui est arrivée après les boulets, il y avait un gosse qui avait une puissance vocale assez hallucinante. Il a notamment gueulé un beau « Yalaaaaa !!! » en revenant des toilettes, c’était très mignon.
Non mais comme quoi même si j’ai des courbatures partout, même si je n’ai pas suffisamment de net pour me distraire virtuellement, j’ai de quoi m’occuper dans le coin, on dirait. J’ai d’abord eu deux coupes de champagne (ils ont pas fini leur bouteille… j’avoue, j’ai bu une gorgée au goulot, avant de me dire « non, Elise, tu ne fais pas très classe comme ça : prends un verre ») et un peu plus de vingt euros de pourboire pour me changer les idées. Et le magnifique Marcel Proust sous le coude, évidemment, évidemment. Ah, la madeleine ! On aurait dû me dire plus tôt que c’était plus qu’une simple référence à caser gauchement dans ses textes. Là, pour le coup, je me sentirai presque honteuse… c’est tellement magnifique, ce qu’il écrit, Marcel. C’est comme si vous serriez le cœur de l’auteur dans vos bras, et qu’il serrait le votre en retour… une formidable étreinte, quelque chose comme ça, souvent douce, parfois plus douloureuse, toujours profondément émouvante et éblouissante de vérité, de... d’une énergie inexprimable, ineffable. C’est une âme qui vibre, qui ondule sous vos doigts à chaque page ; un œil qui s’entrouvre, un sourire qui s’échappe, un souffle chaud qui vous réveille… Bref, moi aussi, je deviens lyrique. Je vais me mettre aux tatouages, bientôt, je le sens bien.
Pffiou, quand même, si c’est tous les soirs comme ça… Je vais devenir ou euphoriquement lyrique (parce que le champagne m’a fait sourire comme une niaise pour le reste du service, par la suite) ou au bord de m’étaler à chaque seconde (fracassant les assiettes comme pour une barnitzva – c’est ça la fête où on casse de la vaisselle ? Je sais plus). Je ne pouvais me coucher sans vous raconter tout cela ; j’ai souvent pensé à tenir un journal durant les périodes où j’étais serveuse, parce qu’il se passe toujours des trucs assez énormes. Mais aussi énormes qu’aujourd’hui, j’avoue, je crois pas. Enfin, c’était assez étrange à vivre ; peut-être que raconté comme ça ça paraît tout à fait ordinaire.
02:10 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
06.04.2006
Un petit truc, comme ça...
Toi et moi,
Moites sous un toit,
A l'étroit près d'un âtre,
Ta main écarlate
Sur mon cou froid,
Toi et moi,
Coits et folâtres,
Tes doigts en émoi
S'étoilent et me flattent,
Tes lèvres font loi,
Toi et moi,
Au violent théâtre
De nos ébats,
Ta bouche miroite,
Caresse les astres
Et frôle l'effroi,
Toi et moi,
Soucieux et sans âge,
De nos pensées disparates,
Gardons l'exquis,
Taisons l'endroit,
Tuons l'ennui.
21:40 Publié dans Imaginer, c'est choisir. (Giono) | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
"Certes, il y a de bons et de mauvais moments, mais notre humeur change plus souvent que notre fortune." (Jules Renard)
C'est stupide mais je me sens nettement mieux, maintenant que je peux me proclamer en vacances. Après je ne sais plus combien de semaines d'inactivité intense, sous le couvert des grèves et occupations de fac liées à ce mouvement qui fait remuer tant de bouches et tant de bras aujourd'hui, je me sens mieux, d'être "en vacances". Pourquoi ? Je me sens moins coupable de rester terrée dans ma couche, au lieu de lutter avec un drapeau, les seins nus et un bonnet phrygien pour guider le peuple. (Charmant tableau, n'est-ce pas?)
A propos du mouvement, mon avis sur la question (parce qu'après tout... ça fait quelque chose à dire) : je suis contre le CPE (je suis achement originale là). D'après ce que j'ai pu lire ou entendre, ce contrat n'est pas terrible. Je n'aime pas la possibilité qu'un mec qui est déjà hiérarchiquement au-dessus de moi puisse en plus mettre la pression parce qu'il peut me virer à tout moment. Je n'aime pas le système à l'anglo-saxone qui me fait un peu flipper (cf The Big One de Michael Moore, entre autres). Je préfèrerai une meilleure division du temps de travail, un meilleur gérage des formations pour les jeunes qu'un p'tit caca comme ça. Après, je dis ça, je dis rien...
Concernant le blocus : absolument pas gênée. Fumiste, égoïste et opportuniste, j'apprécie le mouvement, l'énergie qu'il dégage, celle de la jeunesse (cf la fin de ma dernière note). Cet entrain, bien que porté par un certain nombre de crétins, a quelque chose de séduisant, de romanesque, de lyrique presque ! Un peu plus et on se retrouverait du temps des mousquetaires, à croiser le fer pour un oui ou pour un non... Ah, je m'égare, je suis trop sentimentale.
Concernant mes examens : pas d'inquiétude non plus. Bon, il m'est assez pénible de devoir rendre des dossiers dans une situation pareille - quitte à faire la grève, autant ne pas travailler du tout et considérer cette année comme acquise et résolue - mais bon. J'admets, il y a pire. Ah, c'est un peu chiant aussi ces semaines de cours supplémentaires, mais oui, il y a pire. Je ne crains pas de râter mon année ; les profs ont l'air encore plus fumistes que les étudiants, par chez moi, et donc assez conciliants concernant la situation, à part quelques boulets. Quant à savoir si je passe à côté d'un semestre de savoir ? Laissez-moi rire. Les cours dispensés à la fac sont un peu pitoyables, dans ma filière (cinéma). Entre les chauvinistes de rigueur et les théoriciens poussiéreux, on se demande où est l'art... C'est plus du blabla de l'art que de l'approche artistique à proprement parler. Je suis un peu dure, peut-être ; mais quand même, il y a trois quarts des trucs qui sont vraiment peu intéressants, quand même. Oui, il faut réfléchir sur l'art, tout ça, tout ça, lire les textes... mais bien évidemment on a un parti pris chauvin, on étudie que les frenchies, qui sont pas forcément les plus intéressants. Je reconnais l'importance manifeste de la France dans les autres arts, mais en cinéma... à part quelques maîtres disparates, franchement, ça manque de relief. Surtout, ça sent trop la revendication perpétuelle orgueilleuse du statut. Ils ont pas compris que pour être artiste il ne suffisait pas de le revendiquer avec un orgueil somme toute absolument français.
Puis, les facs n'ont aucun moyen, dans les filières littéraires artistiques. Alors on fait des trucs sans grand intérêt pour combler ce manque de fric... parce qu'avec du fric on pourrait pratiquer au moins ! Là, niveau matériel, c'est un peu pathétique...
Bref. Tout ça pour dire que le savoir universitaire qui me concerne se trouve essentiellement dans des bouquins. Les profs servent surtout à expliquer quand on comprend pas bien... mais comme en général ce n'est pas si abscons que ça, seulement pataudement ampoulé et masochistement lyrique, j'arrive très bien à me débrouiller. D'ailleurs je ne lis pas de bouquins. En fait je suis comme d'habitude un mauvais exemple. Je comprends trop bien la passion refoulée des profs en mal d'originalité, d'art, parce que malgré tout, ça leur plaît, ce dont ils parlent ; et dès que quelqu'un parvient à leur faire croire que haaaa le cours révèle des choses extraordinaires et que hoooo en plus l'élève arrive à le dire de manière pataudement ampoulée et masochistement lyrique, c'est l'extase. Ah... je dis ça, et je nourris la hantise de finir professeur à mon tour, frustré dans ma pratique artistique, arg.
Ouais, ça fait pas mal de pavés en peu de temps, je vais me calmer.
15:30 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
"Je tremble toujours de n'avoir écrit qu'un soupir, quand je crois avoir noté une vérité." (Stendhal)
Bon. A part ça pas grand chose à dire. Besoin d'une petite purgation nocturne, en attendant que le repas soit prêt. Ach, j'ai faim !
Pas super période en ce moment. Pourtant j'ai connu autrement pire et autrement plus fatiguant. Mais bon je sais pas... Suis lasse, un peu. J'aimerai ne pas avoir à m'accomplir professionnellement, juste artistiquement. Me détacher des contingences nécessaires et barbantes pour n'avoir à penser qu'à moi.
Moi, moi, moi. Je revendique mon égoïsme puéril et ma paresse accablante. Je crois que plus ça va moins je suis motivée par quoi que ce soit, à part l'écriture... Plus envie d'aller en cours, plus envie de rien faire. Regarder des films, oui, c'est bien ça aussi. Je me demande toujours si je serai apte à en faire, des films. Il faudrait que je m'y mette, mais franchement... J'ai très peur de m'exposer dans ce domaine.
Là j'avoue écrire plus un soupir qu'une vérité quelconque. Le rôle habituel du blog un peu personnel : étaler silencieusement ses soupirs bruyants de satisfaction ou de lassitude ou de désespoir. Bah bah bah.
A venir dans ma vie durant les prochains jours : retour dans la contrée de Cyrano, job de serveuse, voire de barmaid... C'est chiant, vous savez, comme travail ? Bon, il y a pire mais c'est quand même une façon de se prendre en pleine poire toute l'étendue de la connerie humaine. De la beaufitude et de la niaiserie des gens. Ca apprend aussi à garder le sourire, ou du moins une attitude respectable même si on nourrit un profond mépris pour la personne servie. Juste parce qu'on espère quand même un pourboire. Je suis d'un cynique, quand je sers, je crois ; enfin ça me fait du fric.
Ah lala ! Je donne pas une image très reluisante de moi-même, là. Faut pas croire, je peux être quelqu'un de bien, humainement. Même si à la fac je ne parle aux gens que par intérêt, avec un sourcil ironique et un sourire faussement indulgent, quelques mots d'esprit à la bouche un peu étranges histoire de garder une distance règlementaire avec les autres, et d'attirer leur sympathie malgré tout. Je suis d'un fourbe ! Non, je me voile la face. Je ne les déteste pas, ces gens-là ; certes j'ai pas tellement envie de les connaître mais je crache pas sur leur compagnie puisque, dans une foule, il est quand même plus agréable de pouvoir sourire à quelqu'un que de devoir rester dans son coin à maugréer contre le genre humain.
Puis, j'ai quand même des amis. Des gens qui m'estiment un poil, malgré mes travers nombreux et variés - comme chez tout être humain normalement névrosé. Des gens que j'ai envie de connaître, même si je ne partage pas absolument tout avec eux. Mais bon, mon rapport à autrui... j'ai du mal à le définir. Je me planque beaucoup, je ne montre que ce que je veux bien montrer, je balise et j'ai aussi nourri cette idée stupide que ma présence puisse plus être un dérangement, un inconfort, qu'un apport. Si bien que lâchement je sollicite moins que je ne devrai, pour ne pas m'imposer, et aussi pour ne pas essuyer de refus et envisager que cette idée puisse s'avérer vraie.
Bref. Je m'égare, je crois.
De toute façon, c'est une grande errance, que celle de vivre ses années de jeunesse : toujours on balbutie en croyant qu'on déclame des tirades puissantes et aiguës. Mais on ne fait toujours que tâtonner. On a beau se prétendre dans la fleur de l'âge, se gonfler d'assurance et se pétrir dans ses convictions... on est pas encore bien lucides. Très inconscients et innocents. C'est de là que naît toute la beauté de la jeunesse. Quelque chose de fougueux, d'immaîtrisé, portée par une force unique, éphémère mais puissante.
Bon, je vais m'occuper de mon dîner tardif, et me changer les idées.
00:40 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
04.04.2006
Will Shadows
Vous savez, moi et Will c'est une histoire de longue date maintenant. Quand je pense à lui je me dis "Willyyyyy ! Ce bon vieux Willyyyy !" et j'éclate de rire intérieurement.
Deuxième personnage de RPG créé, tous forums confondus. A vu le jour sur Syracuse, à un moment où je me disais : tiens, ce serait chouette d'essayer de jouer un mec.
Depuis toujours je prévois d'en faire un fantasme détourné... Je me rends compte qu'en fait il m'est difficile de parler de lui tellement mon rapport avec lui est assez particulier. (Oui oui, je suis bien en train de parler d'un personnage XD mais bon vous savez je suis un peu... dingue... :p)
A 11 ans, Will était le prototype du mec nerveux. Il était toujours au bord de l'évanouissement ou de la crise mentale. Très migraineux. C'était carrément jouissif, de jouer un personnage de ce genre au milieu des tarés suicidaires et autres créatures construites par le mal qui peuplaient la Louisianne magique. Il était torturé, oui, certes ; faut dire qu'il a été torturé par son père et son grand frère pendant sa jeunesse (torturé psychologiquement, j'entends). Et qu'en plus il avait un lien bizarre avec sa mère qu'il ne connaissait pas alors. Heureusement il s'est fait quelques potes, quelques amitiés (Celesta, Arkanis qui est aujourd'hui Stanley, et Zelia... A l'époque il y avait aussi cette chère Ayla, qui jouait les mères poules, mais bon Will n'y était pas vraiment sensible.) qui lui ont permis de ne pas finir dans un hôpital psychiatrique. Bien qu'il soit passé dans un hôpital pendant une durée assez longue à cause de ses migraines, résolues avec la réapparition de sa petite moman maudite.
A 15 ans, après avoir connu une légère déception avec sa moman (qui a fini par se recaser sans le prévenir, malgré sa situation précaire), il est venu étudier à Tryl, pour devenir quelqu'un. Besoin d'un nouveau départ, d'une nouvelle vie, de faire croître cette force trop profondément enfouie en lui. Il était toujours aussi peu à l'aise mais commençait à se sentir mieux, quand même, grâce à la confiance du nounours.
Je me pose toujours la question concernant une éventuelle relation entre Misty et Will : ils se sont rencontrés, ils ont au moins été amis. Après, difficile d'envisager l'amitié mixte sans conséquences avec une créature comme Mistychounette ; il y aura au moins eu une tentative d'approche, quelque chose... Oui, bon, arrêtons la parabole : je ne suis toujours pas décidée quant à l'éventualité qu'ils aient couché ensemble. Peut-être. Peut-être pas. Je résolverai jamais ce point, à mon avis, c'est plus marrant.
Bref. Maintenant il est définitivement ancré dans sa jeunesse. Il doit faire avec ses hormones et ses complexes multiples et variés. Will est un personnage avec lequel j'adooore jouer maintenant. C'est ma création la plus originale, peut-être bien. Il condense tout ce que je sais du sexe masculin hétérosexuel ; je l'ai construit de manière à ce qu'il soit un séducteur parfaitement inconscient de son pouvoir. C'est donc un fantasme que je qualifierai d'inversé : ce n'est pas le mec classique qui, brun ténébreux ou blond playboy, tombe les nénettes en un regard. Ce n'est pas le bad-boy que les filles souhaitent convertir aux plaisirs de l'amour ; non, c'est le type le plus inoffensif au monde avec la gente féminine. Le mec à dévorer tout cru, et qui se laisse dévorer sans problème. Il a toujours adoré les filles et n'a jamais été vraiment difficile sur la question. Il est ébahi par les mystères des femmes, il a nourri une image romantique à leur propos à travers ses nombreuses lectures. Et dans le même temps il n'est pas faible, chétif, bref, il n'éveille pas forcément l'instinct maternel ; c'est désormais un mec bien charpenté, comme dirait l'autre, qui sera plus tard une belle force tranquille. Pragmatique. Ce sera un mec un peu idéal pour sa future promise, trop peut-être ; il aura tellement tendance à privilégier le bonheur de sa promise avant le sien que sa générosité sans faille pourra finir par ennuyer, si elle est mésestimée. On sait bien que les filles préfèrent avoir des déboires tortueux avec des salopards que de rester avec les mecs "gentils".
Oui, Will est "gentil". C'est le personnage le plus gentil que j'ai jamais créé, je pense. Il n'y a pas l'ombre d'une fourberie malveillante chez lui. Cela ne le rend pas naïf ou niais pour autant, au contraire ; même si il n'est pas trop lucide sur lui-même et sur ses rapports avec autrui, il est quand même assez conscient des choses, de la réalité des choses, pourvu qu'il s'y penche deux minutes et qu'il ait tous les éléments de compréhension en sa possession. Si on lui demande conseil de manière un peu sérieuse sur un point ou un autre, il donnera toujours une réponse lucide, réfléchie, et pragmatique.
C'est un mec bien, en somme. Mais imparfait à l'heure d'aujourd'hui. Il gère très mal ses affaires. Je m'amuse énormément à souligner des détails qui le rendent aussi ridicule que touchant et humain. Bref ! Willyyyyy ce bon vieux Willy, je suis loin d'en avoir fini avec lui ! D'ailleurs j'avais une vague idée qu'il serait ingénieur dans les transports magiques, dans une dizaines d'années. Après son aventure dans les Plaines, quand il s'est fait attaquer par les chauves-souris des glaces, j'avais dans l'idée que cette expérience l'oriente vers des expérimentations diverses et variées, pour parvenir à créer des modes de transport magique sécurisés et novateurs. Mais bon, on verra ! :p
Concernant son avatar : il y en a eu un certain nombre, contrairement au cas Misty. Evidemment, il a embelli avec l'âge... XD Et j'ai souvent utilisé Shaolan (Lionel) de Sakura, parce que ça a été ma première source d'inspiration pour ce personnage :).
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16:00 Publié dans Multi-personnagisme compulsif | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
03.04.2006
Alors... ?
J'inaugure cette catégorie par une question toute bête : que préférez-vous voir dans cette catégorie ? Au choix :
- des nouvelles
- des poèmes
- des vieilleries issues de mon ancien blog
- mon projet en cours (un roman, j'ai 5 chapitres sous la main, la trame complète, c'est en pleine élaboration donc)
- autre chose ?
Plusieurs réponses possibles.
Parce que je sais pas bien ce qui est le plus susceptible d'intéresser tout d'abord ! Merci d'avance !
23:11 Publié dans Imaginer, c'est choisir. (Giono) | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Misty Moonshine
J'inaugure la rubrique en vous parlant de ma chère et jolie Misty Moonshine. Le premier personnage que j'ai créé tous personnages confondus, à une heure très avancée de la nuit, je me souviens. L'on m'avait parlé de ce qui s'appelait à l'époque Syracuse ; on m'avait dit que c'était très chouette de pouvoir incarner un personnage et de le faire vivre dans un univers construit. Je m'étais donc docilement pliée à l'exercice et depuis je ne suis toujours pas désintoxiquée !
Misty est passée par énormément de périodes, à l'image de mes vagues à l'âme littéraire : toujours "aérienne", "légère", d'une "candeur lucide", elle a tantôt été "vamp", "jeune enfant mélancolique au passé torturé", "créature insouciante détachée de toute réalité", "nymphomane avertie, surtout allumeuse, profitant des bouches juvéniles des adolescents de son âge avec une gourmandise et une adresse assez particulières", "fille en pleine crise existentielle, devant fuir pour mieux rebondir". Aujourd'hui, c'est une ravissante jeune femme qui a réglé tous ses problèmes, tous ses antécédents qui faisaient d'elle une hybride un peu instable, et qui est "fraîche, chaleureuse et pleine de vie". Je ne vois pas comment mieux la décrire.
Au début ce n'était pas franchement glorieux. Je suis passée par des phases que tout le monde, je crois, a fort heureusement oubliées ; j'ai été victime du syndrôme du "personnage parfait infaillible, aux pouvoirs colossaux" pendant quelques temps. Heureusement, la légèreté toute particulière de ce personnage m'a toujours sauvée des procédés trop lourds, trop mesquins qui ont souvent cours sur des JDR. L'accessibilité, l'insouciance et la chaleur de ce personnage l'ont toujours rendu sympathique, il me semble, à part pour les vieux acariâtres torturés qui ne pouvaient supporter son détachement.
Je suis toujours très heureuse de la jouer, bien que je me rende bien compte de son caractère un peu "fantomatique". J'ai prévu de développer tout un livre sur ce personnage, raconter un peu sa vie et imaginer ses aventures, mais jamais de son point de vue à elle... toujours à travers le regard de quelqu'un d'autre. Parce qu'il me semble que c'est le genre d'héroïne dont il est beaucoup plus intéressant de parler... d'évoquer... de discerner à travers autrui, que de longues introspections dans sa personnalité à elle. Je tiens à son caractère énigmatique et imprévisible ; ce n'est pas toujours facile de gérer ce genre de côté sur un forum, j'en conviens. Mais bon, je continue de la faire vivre, à petites doses, avec beaucoup de plaisir ; ce premier double de moi-même, j'y tiens, c'est sûr. Elle possède quelque chose que je n'ai pas mais que j'aurai toujours voulu avoir : une assurance en la vie, quelles que soient les épreuves et les circonstances. Une foi inconditionnelle en ce que peut apporter l'existence, qui même si elle peut être considérée légèrement, a son prix et mérite d'être vécue quoi qu'il arrive.
Lire sa fiche actuelle
Le premier avatar est celui que j'ai utilisé pendant trèèès longtemps. Le deuxième, c'est Thora Birch, je l'ai trouvé récemment, et comme je prône les photos sur mon forum, je me suis dit qu'il était peut-être temps de changer.
16:45 Publié dans Multi-personnagisme compulsif | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
La nuit roule dans mes yeux...
Diantre. A la renaissance-déchet de 20six, je m'étais dit que je vivrais très bien sans blog. Que je m'occuperai autrement. J'ai tenu longtemps avec : 8 personnages (bon, il y en a un qui n'est pas encore sorti de l'ombre, et qui est un peu endormi, donc disons 7) sur mon forum jdr, un forum à administrer donc, un roman à écrire (cinquième chapitre en cours... On avance, laborieusement, mais on avance), mes lectures (faut que je fasse ma liste, ça vient, ça vient), mes visionnages de films (il faudrait aussi que je fasse une liste), ma vie d'étudiante gréviste-fumiste (une visite en AG, peu palpitante, le reste à la maison, les manifs c'est trop de sensations pour moi), ma vie de "jeune adulte" sociable (hum) etc. Et puis ce soir, décidant de faire une nuit blanche pour la forme, je lance un blog en attendant que les heures pâââssent.
Ouh. C'est un peu fou, cet état d'hébétude, de ramollissement cérébral intense.
Mon coeur s'ouvre,
Mon âme s'égrène,
Mes yeux fous,
Qui se démènent...
Le moment est doux.
(Envolées lyriques du soir, bonsoir ! Beurk !)
Il eut fallu que je me présentasse, peut-être ? (Ou comment écrire une phrase moche à 5h du matin.) Bon, alors on y va, on se prélasse, on se détend, on a la bouche pâteuse mais on tape quand même et on dit : Milady, pour vous servir, dix-neuf ans à peine, en pleine fleur de l'âge, égarée dans la capitale comme une peau de banane (fraîche) sur un trottoir des Champs Elysées. Pourquoi Milady ? Référence à la Milady de Winter de D'Artagnan, qui me fascine absolument, et à un personnage que j'incarne sur mon jdr, qui lui ressemble un peu (Milady Coulter, j'vous en parlerai, bande de canaillous, si ça vous intéresse !)
A peine quelques lignes de tapées que je sais plus quoi dire, tiens. Franchement, à quoi cela sert-il de se présenter ? De présenter son blog ? Vous êtes là, vous voyez ma tête étrange, sur une page tendance dark-purple (ça me semblait en accord avec le Bruit et la Fureur de mon blog...) et cela ne vous suffit pas ?
Bah, il suffit de repasser, pour mieux me connaître. Je suis quelqu'un de bien trop inconstant, en vérité, pour être présentée en une seule note. Comme tout le monde. Je commence à avoir les doigts rouillés, et à sentir les heures d'éveil peser sur mes frêles paupières. Je vais continuer de tapisser ma nouvelle maison virtuelle avec plein de cochonneries insolites rien que pour vous. Je vous gâte. Et moi je me fais gâteuse. Aaaahahahahahah hum.
04:55 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note








