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25.04.2006

You can call me a mook !

(Mook : ça veut dire "Gogo"... pas grand chose en fait. Détournement d'une citation de Mean Streets de Scorsese. Comprendront les initiés...)

J'ai passé une soirée... grandiose. Il faut que je vous raconte ça !

Avant toute chose : êtes-vous déjà allés à Pizza Hut ? Mais si, vous savez bien, ce "restaurant" qui inonde les métros de pubs immondes à propos de ce qu'ils appellent des "pizzas". J'ai eu l'immense honneur de dîner dans cette cantine de luxe, après une série de circonstances que je développerai un peu plus tard. Parlons d'abord de ce repas, qui fut haut en couleurs.

J'étais avec Joe et Pik (j'utilise des surnoms pour ne pas les entraîner publiquement dans la boue avec moi) sous une pluie battante ; nous hésitions longuement entre une virée Mac Do (nous avions déjà déjeuné de ces formidables mets américains à midi, je précise) et une sortie à Pizza Hut (parce qu'ils étaient tous deux près du cinéma et, a priori, d'égale valeur - pas trop chers en somme dans un quartier plutôt luxe). Après quelques tergiversations subtiles, nous débarquons comme des princes que nous étions au paradis de la pâte plate recouverte de tomate où une décoration du plus bon goût (affiches immondes, vagues reproductions monstrueuses d'un décor de ville américaine) éblouit nos regards embrumés. Un hôte, au lieu de proposer de prendre nos manteaux et de fumer quelque cigare de la Havane, nous indique un petit banc modeste où « patienter » en attendant… on ne savait quoi... étant donné que la salle comportait de nombreuses places pouvant accueillir nos modestes corps humides et fatigués.

Après s’être faits habilement doublés par un groupe qui, plus audacieux et moins humble que nos charmantes personnes, s’était avancé directement vers une serveuse pour pouvoir s’asseoir à une table, nous parvenons enfin – non sans avoir hésité à quitter le restaurant parce que l’heure du film commençait à se rapprocher dangereusement – à nous installer. Nos ventres affamés ne sourcillent guère devant les prix ; pensant seulement à restaurer nos panses vides, nous débattons sur la qualité des menus servis, sur la rentabilité du choix.

Finalement nous commandons, après avoir abandonné le plan cinéma (il était trop tard, malheureusement) ; puis nous réfléchissons enfin à nos bourses, et nous concluons que, tout de même, on se faisait vachement entuber sur la marchandise, et que c’était aussi cher qu’au Bistro Romain ou dans quelque pizzeria de bon goût. Résignés, exténués, mouillés, nous recevons en premier lieu nos boissons. Là, j’exécute un formidable geste qui m’inscrira à tout jamais dans le « Guide des conneries les plus idiotes à faire à table » : constatant qu’on me donna deux verres, un rempli d’Ice Tea, l’autre vide, j’entreprends de verser un peu d’Ice Tea dans le verre vide. Pourquoi ? Je ne sais pas, dérapage de cerveau. Joe demande : « Ca sert à quoi ce deuxième verre ? » et, chose improbable, je réponds du tac-o-tac : « Pour boire de l’eau, à côté de ta boisson. » Alors que je venais de verser de l’Ice Tea dans ce verre ! Je me demande des fois ce qui se passe dans ma tête. En plus j’en avais mis partout.

Bref. Nous partageons quelques instants de marrade à cause de cet acte de bravoure on ne peut plus savoureux, avant de patienter quelques instants (comme sur une hotline, c’est-à-dire : un bon quart d’heure) pour avoir un assortiment de pains à l’ail. Bon, ces trucs-là, c’était pas mal, faut dire. Le seul truc qui n’avait pas l’air biochimiquement modifié. Pik n’a pas arrêté de faire tomber son pain des mains, pour des raisons obscures, c’était assez spectaculaire.

Viennent ensuite les pizzas. Bon, vous savez bien comment ça se passe : sur le moment, on ne pense pas forcément à la dégueulasserie de la marchandise, surtout quand on partage des discussions hautement spirituelles (les derniers résultats du foot, comment décrire un bon postérieur sur un RPG, la valeur attractive des minijupes sur les filles, et le fait que la serveuse – par exemple – ne soit pas extrêmement attirante même si elle porte ce micro bout de tissu moulant) et qu’on assiste à des spectacles dépassant l’entendement (genre, un couple qui se fait photographier dans le Pizza Hut, en souvenir de la soirée… et plein d’autres couples qui dînent romantiquement dans ces lieux de perdition gastronomique).

Fin du plat de résistance (qui à présent fait encore appel à nos plus grandes facultés de résistance gastrique). Dialogue :
- Purée, ça fait déjà une heure qu’on est là !
- Une heure de trop. (Moi et mes phrases, mon ton sérieux, mon poil brillant, mon corps robuste, mon œil vif… mouais !)
Poursuivant l’esprit d’autodestruction qui me possédait jusque là, je commande un café liégeois pour le dessert. Je l’avale je ne sais pas trop comment ; il y avait d’ailleurs plus de coulis que de glace, ou à dose équivalente, et c’était franchement écoeurant. Joe s’annonce le premier : « Putain, j’ai envie de dégueuler. » Moi, attardée : « Tu voudrais pas finir mon café liégeois ? » (Je ne pensais même pas à mal en disant cela !)

Je déclare mon envie d’aller aux toilettes ; Joe ne supportant plus l’ambiance du resto, il se lève, et jette ses sunglasses d’un geste élégant sur la chaise d’une table voisine. Bon, évidemment, ce n’était pas volontaire. Je pars aux waters (cette expression est moche), et je rencontre en arrivant un goth, et en sortant une goth. « Les Goths aux chiottes ! » s’exclame mes neurones hilarants (hum) de concert. Je me demande quand même ce qu’ils trafiquaient dans le coin. Peut-être la tomate leur apparaît-elle vampirique, et la décadence du lieu hautement symbolique. Je ne sais pas, j’ai beau avoir un blog à tendance satanique, je ne suis pas… goth.

En sortant, la pizza descend dans nos pauvres estomacs chétifs. Là, concerto de « je me sens pas bien », « ce truc pèse une tonne dans mon estomac », « non mais, en fait, c’était franchement dégueulasse non ? », et autres aphorismes des plus croustillants. Dans le métro : évidemment, ça ne pouvait pas sentir la rose, non, ou quelque délicate fragrance pouvant apaiser nos digestions tourmentées. Evidemment, quelqu’un avait eu la bonne idée de marcher dans le caca, ou pire encore. Bref ! Ce fut une aventure gastronomiquement périlleuse… mais sympathique à raconter.

23:25 Publié dans The Age of Innocence | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note

Commentaires

je croyais que "waters" était une expression typiquement nordique, voire belge. Aurais-je été abusée ? Bref. Très rigolote nonote ! ^^

Ecrit par : touille | 26.04.2006

Merci ! :D
Pour waters : en fait, t'as peut-être raison. J'ai souvenir de vieilles dames de cantine en primaire qui disaient ça... elles étaient peut-être pas de notre monde, après tout !

Ecrit par : Milou | 26.04.2006

ben pour moi "waters" a toujours été une expression de vieux.. Je sais pas si ça a quoi que ce soit à voir avec la localisation :D

En plus, euh.. Moi je connaîs un pizza hut qui est pas trop mal, j'y suis allée deux ou trois fois avec un pote.. Mais bon, je pense que même si ce sont des chaînes, ça doit quand même dépendre :D De toute façon, au pire je préfère me faire un traiteur chinois, c'est meilleur et moins cher en général :p

Ecrit par : mdam_marguerite | 26.04.2006

Bon ! De toute façon, on conviendra que "waters", c'est moche ! :D

Oui, ça doit certainement dépendre même si ce sont des chaînes ! J'ai mangé des pizza hut autre part, mais c'était pas un restaurant juste un truc à emporter, et j'ai pas un si mauvais souvenir que cela. Enfin bon ! Oui, les traiteurs chinois c'est meilleur ! :D (et pas très cher, il est vrai !)

Ecrit par : Milou | 26.04.2006

Ou alors le Bistro Romain, comme tu disais. Je crois que j'y ai mangé une fois... avec plein de mousse au chocolat :D Ou alors c'était autre chose comme resto...^^;; Je devrais noter les noms des endroits où on m'amène pendant mes virées parisiennes, parce que si je veux revenir au "japonais super bon dans une petite rue du côté de Saint-Michel" avec quelqu'un d'autre que les potes avec qui j'y étais allée, je risque d'avoir du mal :p

Pizza Hut je me souviens y être allée une fois avant de me déclarer définitivement accro à ma pizzeria Angelo qui est moins chère, meilleure, plus copieuse et où la serveuse est super sympa (et les serveurs du kebab d'à côté qui viennent squatter aussi d'ailleurs :p).

Ecrit par : Cel | 26.04.2006

Mon aventure au Bistro Romain vaudrait bien aussi une note (c'était un jour de pluie, aussi, catastrophique. Mes bottes en daim pas imperméabilisées, mes chaussettes que j'ai fait sécher sur un petit chauffage et comment je me suis faite engueulée gentiment... Bref bref ! Je vais pas non plus vous énumérer tous mes fiascos culinaires... Ca ferait un roman de gare) mais j'en garde un bon souvenir. (Risotto, tiramisu... pas mal, pas mal. Mais l'ambiance, bof.)

Je connais un japonais super bon ! :D (Grâce à Ano qui a sûrement des actions là-bas.) Mais il est plus dans un autre quartier. (Je sais même plus comment il s'appelle mais je visualise biein.)

Oui ! Vivent les pizzerias "tradizionali" ! ;)

Ecrit par : Milou | 26.04.2006

En même temps je dis Saint-Michel, mais moi et la géographie parisienne... ^^;; Je sais qu'on était partis à pieds de la place en face du Gibert Joseph (un de mes grands points de repère dans la capitale :p) du coin, mais c'était peut-être juste pour des raisons pratiques parce qu'une partie du groupe logeait dans le coin. On avait un peu marché avant d'y arriver ("un peu" étant toujours une valeur très relative lorsque l'on est en groupe...).

Ecrit par : Cel | 27.04.2006

Je ne sais pas lequel de nous trois a eu l'air le plus malin ce soir là...

Mais je remettrais quand même la palme à Joe pour son lancé de lunettes :D

Ecrit par : e. | 27.04.2006

Ahahah e. c'est clair que c'était assez beau ! :D

Ecrit par : Milou | 27.04.2006

Mais qui sont ces mystérieux Joe et Pik (e.) ? J'ai une petite idée, alors je les salue (même si ce n'est pas vraiment l'endroit pour le faire... il a des lunettes de soleil, Joe, maintenant ? Waw, la classe ! On va pouvoir rivaliser de branchitude... hum, je m'égare (de roman)).

Mon Japonais à moi s'appelle Matsuya et se trouve rue Galande, de l'autre côté de la rue Dante, pas loin de Saint-Michel, en effet. Waw, c'est peut-être le même, Cel ? Ce serait une pétrifiante coïncidence, non ? Pour ne pas dire un hasard objectif (moi aussi je me mets à faire des tartines en commentaire, mais moi c'est pas sur mon blog alors je vais m'arrêter là).

Ecrit par : Ano | 27.04.2006

Ce sont sûrement ceux auxquels tu penses ! ;) (Façon, je ne suis pas si mondaine que ça, arf !)

Mazette ! Paris serait vraiment un lieu magique, où la beauté sera convulsive ou ne sera pas ! (hum)

Ecrit par : Milou | 27.04.2006

Il n'y a pas de hasard...
(Ajouter la musique de X-Files... ha non, ça c'est pour "la vérité est ailleurs", zut :p)

Ecrit par : Cel | 27.04.2006